L’oeuvre sans auteur : Le rapport entre l’auteur et l’art

Après un passage aux Etats-Unis pour son second long métrage : The Tourist qui n’a pas eu un énorme succès aux USA, mais qui a plutôt bien fonctionné avec trois nominations pour les golden globes pour le meilleur film musical ou une comédie, meilleur acteur avec Johnny Depp pour un film musical ou une comédie. La troisième nomination c’est pour Angelina Jolie pour meilleure actrice pour un film musical ou une comédie. Le succès de The Tourist, vient vers l’étranger, avec un film qui a rapporté 278 millions dollars dans le monde. Avec ce succès dans le monde, on peut dire qu’il pouvait y avoir des attentes pour le prochain film du réalisateur allemand : Florian Henckel von Donnersmarck , surtout quand il est question d’un retour En Allemagne. Ce retour qui sera bien long puisqu’il y a huit ans entre The Tourist (2010) et la sortie allemande de l’oeuvre sans auteur (2018.) Une longue attente qui valait la peine, son troisième long métrage a une durée de 3h09, pour notre plus grand plaisir.

Ne jamais détourner les yeux

Avant de commencer la critique, je voulais parler du distributeur français : Diaphana. Loin de moi l’idée de critiquer gratuitement le distributeur français qui fait un énorme boulot pour qu’on puisse regarder ce genre de film au cinéma. Le soucis vient plus par rapport aux personnes qui gèrent les grandes chaînes de cinéma et qu’on est sur un film d’allemand qui dure 3h et qui va plutôt attirer un public de niche. Ce n’est pas un non plus un réalisateur mainstream et des acteurs qui comme des acteurs français sont surtout connus dans leurs pays, en dehors de Sebastian Koch qu’on a vu dans quelques prods international. En combinant ces éléments, ce ne sera pas forcément intéressant pour les gaumont et consort qui ne seront pas gagnant pour le coup.

C’est pour cela que je ne veux pas critiquer le distributeur français qui n’avait pas eu le choix de couper le film en deux parties. La première partie dure 1h31 et la seconde partie dure 1h39 : soit deux films courts. Rien que d’y penser, je suis déçu qu’on coupe la créativité d’un cinéaste qui n’a pas du tout construit son film en deux parties. Je n’ai pas connue la version cinéma en deux parties, mais je suppose que les spectateurs n’auront pas eu l’expérience voulue par Florian Henckel von Donnersmarck, surtout la première partie qui n’est pas la plus intéressante. Pour la partie deux j’imagine pas le début.

C’est bien dommage, car on est sur une belle histoire : On est à Dresde en 1937, Kurt Barnet (Tom Schilling) visite avec sa tante Elisabeth, une exposition sur l’art dégénéré organisé par le régime nazi. C’est avec cette exposition qu’il a une envie de faire de la peinture. Dix ans plus tard, c’est la fin de la guerre et l’Allemagne est coupé en deux. Kurt est en RDA et il est étudiant aux Beaux-Arts, mais il peine à s’adapter à la méthode de la RDA qui est du réalisme socialiste. Il tombera amoureux d’Ellie et il décide de passer à l’ouest.

La tendresse de l’art

Ce qui est frappant dans le troisième long métrage du cinéaste allemand, c’est qu’il y a tout un rapport entre l’art et l’histoire. Le film parcourt 30 ans histoire sur l’Allemagne. Si on fait une recherche dans les dates on voit que 1937, est le début du film : c’est l’inauguration à Munich de l’exposition itinérante de l’art dégénéré organisé par le régime Nazi. L’année 1945, c’est la fin de la guerre. Octobre 1949 c’est la fondation de la république démocratique allemande. Enfin 1961 c’est la construction du mur de Berlin.

Parler de l’art, c’est un moyen pertinent de parler des deux Allemagne pendant la période d’occupation d’après guerre, une période difficile surtout pour la RDA. Cette période difficile pour la RDA ce ressent avec Kurt qui n’apprécie pas trop le réalisme socialiste qui le limite énormément dans sa créativité. Parler du réalisme socialiste est très pertinent, car on parle de limite dans la liberté créative, de liberté tout court qui n’est pas trop présente en RDA et on comprend pourquoi le couple va en RFA. Parlons de la RFA ou c’est bien différent de la RDA, quand on voit Kurt sans contrainte artistique, on voit un couple heureux de vivre, ils vont au cinéma pour voir Psychose de Hitchkock qui est une référence intelligente qui nous permet de nous dire qu’on est en 1960.

Il est rare de parler d’une mise en scène pour un film de 3h très chargé comme l’oeuvre sans auteur, mais ce ne sera pas un problème. On a de très bons moments dans la mise en scène quand on voit Kurt peindre et laisser parler son art avec une musique qui s’exprimera pour l’accompagner. Ce que j’adore quand Florian Henckel von Donnersmarck laisse parler l’art. Il n’y a rien qui détourne notre regard, on est attiré par le travail de Kurt surtout sur la seconde partie du film, ou il peut s’exprimer librement.

Ce que je retiendrais surtout dans cette mise en scène c’est tous les moments entre Kurt Barnet et Ellie Seeband. Ils apportent à eux deux beaucoup de tendresse et une tendresse nécessaire dans une période difficile, sans oublier l’accompagnement musicale nous offrant de très bons moments de cinéma. Le fait de voir cet amour naissant qui va grandir pendant deux bonnes heures malgré le père d’Ellie (Sebastian Koch) qui va les empêcher de vivre est un très bon moment de cinéma



Quand on regarde l’oeuvre sans auteur, on se dit que ça valait le coup d’attendre le troisième long métrage de Florian Henckel von Donnersmarck. Pendant trois heures le cinéaste allemand nous parle d’art tout en évoquant trente ans d’histoire. Trois heures pour ce genre de film cela peut être barbant, mais je vous invite à vous installer confortablement et à vous laisser bercer par cette très belle histoire. Si jamais vous avez l’occasion d’avoir le film sans les deux coupures, vous pouvez foncer.


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