First Love, Le dernier Yakuza : Une comédie délirante, mais surjoué

Avec pas moins de 100 films à son actif, Takashi Miike continue de s’amuser à explorer différents genres du cinéma, à quel point qu’on peut se demandait s’il n’a pas exploré tout le 7e art. Sa passion, de faire des films est toujours aussi proche qu’un réalisateur qui fait son premier film. First Love est un film qui est à l’image de son réalisateur : un film remplis d’idées et sans complexe.


La Fiche

  • Réalisateur : Takashi Miike
  • Scénariste : Masa Nakamura
  • Casting : Masataka Kubota, Nao Omori, Shota Sometani, Sakurako Konishi
  • Synopsis : Tokyo, la nuit. Leo, un jeune boxeur, rencontre son « premier amour », Monica, une callgirl toxicomane. Elle est involontairement impliquée dans un trafic de drogue. Toute la nuit, un policier corrompu, un yakuza, son ennemi juré et une tueuse envoyée par les triades chinoises, vont les poursuivre.
  • Date de Sortie : 1er Janvier 2020

La critique

Quand on entend Yakuza au cinéma, on a déjà une certaine idée du film qu’on va voir. Pour First Love il faut oublier ce préjugé qu’on a sur le film de Yakuza et qu’on peut avoir d’autres style en utilisant les Yakuza comme par exemple pour ce long-métrage : une comédie.

Il est compliqué de parler du cinéma de Miike tellement qu’ils exploitent de genres, tellement qu’il a des envies de cinéma. Parfois il en fait trop et parfois t’a l’impression qu’il veut faire quatre films en même temps. Déjà qu’il lui arrive de tourner quatre films en une année. Pour First Love, on se demande si on n’a pas eu 4 films en 1h48

Comme il est compliqué de parler en quelques lignes de ce cinéaste assez hors du commun dans le visage cinématographique moderne, First Love est assez compliqué à résumer puisque qu’on va suivre le personnage principal qui est un boxeur et qui apprendra qu’il a une tumeur donc ce n’est pas la joie de vivre. Il rencontrera une toxicomane Monica ou elle aussi ce n’est pas aussi la joie de vivre. Puis en dehors de cette histoire, il y a un plan foireux entre un policier corrompu et un Yakuza poursuivi par des triades chinoises. Rien qu’en lisant le synopsis, on est épuisé.

La question est de maintenant de savoir si le film tient la route. Bizarrement, même si on voit que c’est un délire spécial on arrive à rentrer avec facilité dans l’univers de Takashi Miike. 

Tout d’abord d’un point de vue histoire ou en ayant cette multiplication d’histoires, mais simple, on ne perd jamais le fil du film. Avec cette histoire, c’est une manière de mettre en avant un personnage qui en apprenant qu’il va mourir, va faire le choix d’aider Monika pour lui donner une dernière existence de se battre, lui qui a toujours combattu pour la boxe, pour lui. Ce qui m’intéresse encore plus dans First Love, c’est de la façon de mettre en scène les Yakuza de nos jours, qui maintenant n’ont plus la même puissance, la même influence qu’avant. On est moins sur le côté qu’ils sont une sorte de milice. L’apparition des triades chinoises montre ce côté impuissant des Yakuza, face à une puissance étrangère et qu’ils interviennent la nuit pour montrer qu’ils sont encore plus en retrait de la société japonaise.

Maintenant l’autre question qu’on peut se poser, c’est par rapport à l’ambiance et la mise en scène. Côté « comédie romantique » on est dans le bon ton. Côté action, quand on voit ce climax dans l’entrepôt avec toutes les scènes de combats ou on passe des fusillades, à des combats de sabres sans qu’il y ait une cohérence dans le choix des plans. On aimerait bien être dans la tête de Miike pour comprendre ce qu’il veut mettre en place. Même dans ce climax dans l’entrepôt n’a aucun sens, mais on adhère au délire et cela marche plutôt bien. Il y aussi cette envie de faire l’horreur avec les visions toxicomane de Monika qui voit son père la poursuivre, dans l’idée c’est intéressant, mais c’est tout le soucis de Miike, il fait Trois-quatres films en un seul long métrage, ce qui fait qu’il veut toujours en faire trop et cela ne va pas aider le film. Il y a pas de recul dans la constitution de son film et que ce soit la phase de l’horreur ou visuellement c’est assez laid ou les dernières 15 minutes ou Miike n’arrive pas à conclure son film en rajoutant des scènes inutiles. C’est le cinéma de Takashi Miike et c’est pourquoi il est si atypique et si unique dans son genre. On le compare à Tarantino, mais la différence entre Miike et Tarantino, c’est qu’un s’amuse à mélanger les genres et l’autre respecte et se marie avec les genres.

Si le film marche assez bien sur ces idées, si on adhère au style Miike. Ce qui nous sort du film, c’est d’avoir des acteurs en roue libre. On pourrait dire que cela participe à l’ambiance spéciale du film, mais ils sont tous en roue libre. Ils crient dans tous les sens, ça fait des grimaces pour un oui et un non, sur 1h48 cela peut être bien long. Heureusement que c’est surtout des rôles secondaire et que le cast principal en particulier Masataka Kubota (Leo) permet de moins sortir du film.


Des films de Takashi Miike qui bénéficie d’une sortie en France dans le calendrier, c’est assez rare, et même le cinéma n’arrive pas à suivre le rythme. Sachant qu’on ne peut pas voir tous ces films, quand celui-ci bénéficie d’une sortie en salles et qu’il soit passé par la fenêtre Cannes, on croise les doigts que celui-là soit bon. Si on adhère au délire du réalisateur japonais, on va passer un très bon moment. First Love, c’est un résumé de ce que peut proposer Miike et c’est aussi une excellente porte d’entrée.


First Love, le dernier Yakuza est disponible en VOD

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