Cloud Atlas : Montage parfait pour une oeuvre unique et magnifique dans le paysage cinématographique

Cloud Atlas semblait être un projet irréalisable, mais chez les Wachowski rien n’est impossible. Habitué à toujours innover le 7e art avec des œuvres comme Matrix ou leurs derniers films avant ce projet : Speed Racer, mais Cloud Atlas semble être un projet d’une autre dimension. C’est un projet d’une autre dimension, car adapté du roman « Cartographie des nuages » écrit par David Mitchell et suivant six histoires différentes. Voilà le challenge qui attendent les sœurs Wachowski, mais aussi Tom Twyker le troisième réalisateur.

C’est en lisant le synopsis qu’on voit la complexité de l’adaptation. La première question qu’on se pose c’est comment les trois réalisateurs vont réussir à transposer ces six histoires, car la particularité de l’oeuvre de David Mitchell c’est que chaque histoire à un lien et ce lien, il faut le rattacher. Le message est de dire que le cycle de l’homme c’est un éternel recommencement avec les mêmes erreurs, les révoltes, et cela permet aussi de voir l’avancement de l’homme dans sa mentalité à travers les différentes temporalités que ce soit la première histoire qui est en 1849, la seconde en 1936, la troisième en 1973, la quatrième à notre époque en 2012. la cinquième en 2144 et 2321. Le mot qui permet de rassembler les six histoires au cinéma, c’est le montage.

En plus de relier les six histoires, le montage permet de comprendre qu’il y a un rapport entre l’histoire de 1849 et l’histoire de 1936 par exemple. Avec un mauvais montage, cela aurait était un véritable casse-tête et on aurait rien compris à l’œuvre, mais pour le film non seulement on comprend les enjeux des époques et on a les bonnes informations pour comprendre le film lors d’un premier visionnage. Ce qui est intéressant avec le parti pris des 3 réalisateurs c’est que ce montage sert à la réflexion autour de l’œuvre. On ne passe pas d’une histoire à une autre pour le plaisir, la vraie raison, c’est qu’en faisant avancer toutes les histoires en même temps, on met en relief l’homme, ses émotions, ses sentiments et son rapport au monde. Cela permet à Cloud Atlas d’être une œuvre existentielle, avec de la poésie. Parfois, c’est une grande fresque qui s’interroge sur la condition humaine, sur son évolution, sur la destruction, la tolérance. Il sera aussi question d’esclavage, de politique, de libre-arbitre, de sacrifice et d’amour. Tous ces thèmes sont si bien traités alors que ça pouvait être compliqué. Cela nous montre, même si ton histoire de base est compliqué, tu peux faciliter la compréhension avec bien sûr de la mise en scène. On le voit dans ce film avec de très belles transitions pour que les histoires avancent en même temps et surtout, grâce au montage facilitant énormément la compréhension du film après un premier visionnage.

Les soeurs Wachowski et Tom Tykwer ne font pas qu’adapter cette grande œuvre sur grand écran. Ils se servent même du média cinéma, pour approfondir la réflexion du livre. Ce qui est intelligent, c’est de la façon dont ils se servent de l’ambition du film, pas pour dire qu’ils vont faire un film hors du commun, mais pour servir le propos du film. Quand on repense à Cloud Atlas, on pense à ce parti pris que chaque acteurs vont jouer plusieurs rôles, comme par exemple, Tom Hanks incarne huit personnages répartis dans plusieurs époques. Comme je l’ai dit tout à l’heure, cela a un sens et permet de parler de réincarnation, Quand on voit le couple en 1849, qui sont ensemble en 2321, comme si ils avaient plusieurs vies, mais que les sentiments sont toujours présents.

Cela n’est pas dit clairement, mais on sent que la question de la réincarnation se pose sur la table. On peut même parler d’évolution, je peux citer encore Tom Hanks qui va avoir en 1849, un personnage méchant, pour avoir en 2321, un personnage altruiste. C’est aussi le cas à l’inverse quand on voit les différents rôles de Hugh Grant. Cette question d’incarnation, on ne la voit pas forcément au premier visionnage, mais c’est à force de voir ces différents personnages jouer par le même acteur qui nous permet de poser la question. À travers ce parti pris, on sent des acteurs très engagés dans le projet qui vont accepter de jouer le jeu et de le prendre comme un challenge. Même Hugo Weaving qui est très connu pour jouer les méchants et d’ailleurs il va jouer pratiquement jouer tous les méchants va s’amuser à varier son jeu, toujours dans cette optique de réflexion sur l’homme.

On parle beaucoup du film des sœurs Washowki, mais je le vois surtout comme un énorme travail d’équipe pour une œuvre tout simplement unique. Que ce soit dans la préparation du film entre les sœurs qu’on ne présente plus et Tom Tykwer. Que ce soit les acteurs qui ont fait un boulot monstrueux pour incarner les différents rôles, quand ils en parlent, tu sens qu’ils ont les étoiles dans les yeux d’avoir pu participer à un film qui a considérablement changer leurs façons de jouer et leur a permis pour certains d’avoir une très grande palette de jeu. Mention très spéciale à tous les gens qui ce sont occupés des décors, aux story-boarder et surtout un grand bravo à Frank Griebe et John Toll qui ont fait un énorme travail à la photographie pour que le film puisse avoir un genre de film pour chaque temporalité. 1849 c’est un film historique, 1936 c’est un mélodrame, 1973 c’est un thriller, 2012 c’est une comédie Britannique, 2144 on est dans la SF d’anticipation dans la veine d’un univers cyberpunk comme Ghost in the Cell et surtout Blade Runner. Enfin 2321, c’est le post apo et je ne serais pas surpris qu’un jeu comme Horizon Zero Dawn se soit inspiré pour faire son univers. Pour en revenir sur le post apo, j’aime beaucoup cette vision de la beauté de la nature reprenant ses droits et l’homme doit reconstruire avec de meilleures bases, pour un meilleur monde. Cela résume assez bien l’évolution des personnages de Tom Hanks. Quand je vois ces différents genres qui s’enchaîne pendant pratiquement 3 h de film, je vois un énorme hommage au cinéma qui permet de raconter énormément d’histoires au travers des genres.

Avec tous ces éléments, je vous invite à voir ce film, qui même au premier abord n’est pas facile à voir et mérite que vous vous y jeter, car il serait dommage de passer à côté d’une œuvre aussi belle et aussi unique. Surtout que comme beaucoup de grands films, il faut le voir en plusieurs fois pour comprendre l’essence de l’œuvre et avec ces histoires il y a tant de choses à dire, car on est loin du film à sketchs irrégulier. Ce ne sont pas six petites histoires, mais des histoires créant un puzzle narratif formant une très grande et belle histoire.


Recommandation :

Critique : Cloud Atlas (critique) https://www.cloneweb.net/critiques/critique-cloud-atlas/

L’Éternel Retour (analyse) https://weneedtotalkaboutcinema.wordpress.com/2018/01/27/leternel-retour/

Cloud Atlas – Andy et Lana Watchowski, Tom Tykwer (2012) (critique) https://chroniqueducinephilestakhanoviste.blogspot.com/2013/06/cloud-atlas-andy-et-lana-watchowski-tom.html

[Interprétation] Cloud Atlas – Analyse et explications élémentaires (Avec Spoilers) https://cinerama7art.com/2013/03/28/cloud-atlas-analyse-et-explications-elementaires/

Your Guide to the Characters and Connections of Cloud Atlas (avec Spoiler) https://www.vulture.com/article/cloud-atlas-explained-a-guide-to-characters-and-connections.html

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