Le dernier loup : La nature nous procures de sacrés émotions

Le dernier loup est pour Jean-Jacques Annaud, le retour d’un cinéma qu’on aime beaucoup. Son cinéma, ou les animaux et la nature sont au premier plan comme c’était le cas en 1988 pour l’Ours et en 2004 pour deux frères. C’est un si grand plaisir de revoir son amour pour les animaux. On a tout de suite cette sensation d’avoir un film très émouvant dont il est seul à avoir le secret. Pourtant, on était assez sceptique de revoir ce cinéma qu’on aime beaucoup chez le cinéaste français. Ses deux précédents films étaient plutôt compliqué quand on voit les différents retours pour « sa majesté minor » en 2007 et surtout « Or Noir » en 2011 qui fut un véritable échec entraînant Annaud dans une chute ou sa notoriété est clairement moins forte chez les cinéphiles et la critique. Heureusement, l’année 2015 arrive et la beauté du cinéma d’Annaud est de retour pour notre plus grand plaisir.

Le dernier loup, c’est l’adaptation d’un très grand livre en chine « Le totem du loup » écrit par Jiang Rong en 2004 et ce n’est pas pour rien que Jean Jacques Annaud s’occupe de cette adaptation. En dehors de l’amour pour les animaux ressortant dans ce long-métrage, c’est un moyen pour le cinéaste français de parler de la société. Le dernier loup nous plonge en pleine révolution culturelle. Afin de comprendre ce que veut raconter Annaud, il est important de rappeler le contexte historique. La révolution culturelle ou plutôt appelé la grande révolution culturelle prolétarienne est un mouvement lancé par Mao Zedong afin de consolider son pouvoir en s’appuyant sur la jeunesse du pays. C’est ce que l’on voit dans le Dernier Loup, la Chine envoie Chen Zhen, un étudiant en Mongolie afin de leur apprendre le chinois. La langue est une arme assez forte pour imposer sa culture. Quand tu imposes ta langue, tu imposes ton histoire.

En dehors du côté historique, Annaud a un message à faire passer. On est sur une critique de la politique de Mao, un propos écologique de la politique environnementale du gouvernement Mao, dont on est choqué par cette violence sur les loups qu’ils n’hésitent pas à abattre quand cela les arrange, une critique de cette modernisation forcée des peuples mongoles qui est l’histoire du film, afin qu’ils soient des citoyens répondant aux normes du d’un gouvernement comme celui de l’époque Mao. Avec toute la subtilité dans les propos d’Annaud, on peut prendre du plaisir à retranscrire tout ce que le film évoque d’un point de vue sociétal.

Si vous aimez les jolis paysages dans les films de Malick, vous allez sans doute être ému par la beauté de la Mongolie. Jean-Jacques Annaud est un malade de la technique et du plan parfait tout en gardant à l’esprit que la faune et la flore rendent ces plans magnifiques. Quand on entend les différentes personnes du projet, on parle d’un tournage pas évident. La scène la plus difficile à tourner pour Annaud et son équipe, c’est la scène de la tempête en pleine nuit. Cette scène permet d’avoir un côté spectaculaire nous entraînant dans son récit. On peut aussi évoquer tous les autres soucis du tournage par rapport au climat, par rapport aux aléas de la météo, mais juste avec le tournage profondément humain, nous permet d’avoir un film si fort incarné non pas seulement par sa mise en scène, mais surtout par ses acteurs et les lieux qui les entourent.

Une fois qu’on est entraîné dans le récit, l’émotion est présente. Annaud ajuste bien les cordes afin de ne jamais trop la tirer. On est touché par la beauté de ce monde nous entourant . On comprend qu’on est entouré dans un très joli monde tous les jours, mais plein de truc nous parasite et on ne s’en rend pas forcément compte, on ne voit pas cette simplicité dans la vie, contrairement au peuple Mongolois qu’on voit dans le film. C’est surtout un film ou le personnage principal apprendra des autres sans pour autant imposer sa culture, comme le veut Mao. C’est le message qu’on retiendrait après le visionnage.

Jean Jacques Annaud nous propose un très beau film, alors oui, c’est le genre de film ou on peut rester de marbre face à la proposition. Beaucoup de paysages, des personnages assez stéréotypé et une histoire d’amour qui pour certains arrive tardivement. Tout ce qu’on peut reprocher au film est compréhensible, mais Annaud n’est pas un cinéaste comme les autres, car il sera toujours question dans ses films de s’interroger sur l’homme et le monde qu’il entoure, c’est une proposition de cinéma qui une fois on est dedans est si belle. On en profite pendant tout le film avec une émotion dont je disais Annaud a le secret, mais plutôt la nature à le secret et on oublie que la nature est très importante dans notre monde et qu’on doit la préserver en tant qu’habitant de cette planète.


Le dernier loup est un film de Jean Jacques Annaud, adapté du livre Le Totem du loup de Jiang Rong, par Alain Godard, Jean-Jacques Annaud, Wei Lu et John Collee. Avec Shaofeng Feng, Shawn Dou, Ankhnyam Ragchaa, Zhusheng Yin et Baasanjav Mijid

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