Madre : Sorogoyen nous surprend en quittant le thriller, mais il nous concocte une véritable poésie dans son film

Le début de Madre est quelque chose que l’on connaît déjà quand on a déjà regardé un film de Rodrigo Sorogoyen, avec ce début nous offrant quelque chose de bien stressant, nous faisant rentrer tout de suite dans le film. On voit cette mère (Marta Nieto) au téléphone avec son enfant inquiet, car son père s’est absenté laissant seul son fils sur la plage. Le fait de ne jamais voir le fils accentue cette sensation, on ressent ce que vit actuellement Elena : une mère inquiète pour son fils en danger, ne pouvant rien faire car elle est trop loin. 

Il y a une sorte d’horreur intense, irrespirable quand on regarde le début. Tout d’abord, Sorogoyen nous montre que Marta Nieto est une actrice formidable qui confirmera dans le film qui est la suite du court-métrage. C’est pour cette raison qu’on attend Madre. On est curieux de voir cette suite, sachant que après ce court-métrage, Rodrigo Sorogoyen a acquis une très grande notoriété non seulement dans son pays, mais aussi en Europe. Avant le court-métrage « Madre », il y avait “Que Dios nos Perdone” ayant eu beaucoup de nomination au Goya (l’équivalent des César en Espagne), mais c’est surtout avec “El Reino” dont il a raflé toutes les récompenses importante dans le pays, on a vu cette naissance d’un très grand cinéaste.

Sorogoyen et sa co-scénariste avec qui il a toujours travaillé depuis son second film (Stokholm), ou même dans ses autres projets en dehors du cinéma avec la série “Antidisturbios” cette année, nous emmène vers quelque chose qu’on ne s’attendait pas forcément. En voyant le court-métrage et ce qu’il a fait dans ses deux gros succès, on s’attendait naturellement à un thriller, à voir cette mère essayant de retrouver son enfant, dans une ambiance très soutenu mais ce n’est pas le cas. 

Sorogoyen quitte le thriller, pour aller dans un film plus calme avec une certaine douceur. L’histoire du cinquième long-métrage de Rodrigo Sorogoyen, se déroule dix après les événements que l’on a vu lors des premières minutes du film. Elena a quitté l’Espagne, pour aller en France. Elle travaille dans un restaurant d’une station balnéaire, le dernier endroit ou était présent son fils. C’est comme si il y avait toujours eu en elle cet espoir de retrouver son enfant. Il sera plus question de voir cette maman essayer de se remettre de la disparition de son fils, mais plutôt de voir une femme essayer de revivre, de reprendre sa vie en main.

Sa rencontre avec Jean, un adolescent de 16 ans en vacances, va chambouler la vie d’Elena. En voyant Jean, elle aura l’impression de voir son fils. Elle a ce sentiment amer quand elle voit Jean et sa famille en voyant ce qu’elle ne va pas connaître. Un amour assez complexe naît entre Jean et Elena. D’un côté, on voit Elena qui est un amour maternel pour Jean en prenant soin de lui, en s’inquiétant pour lui. De l’autre côté pour Jean, c’est un amour, dans le sens qu’il a une attirance pour elle. C’est toute la complexité qu’on peut avoir dans l’amour, avec les différentes formes d’amour. Les deux personnages ne recherchent pas la même chose, mais l’acceptent, rendant le film encore plus beau. 

On peut être surpris de voir Sorogoyen exceller dans un registre très calme. Sa réalisation est très belle quand on quitte cette tension du début de film avec l’utilisation du grand-angle, ceux qui apprécient le style Malick vont sûrement adorer ces longs plans dans la plage, laissant parler Elena.  Il utilise à merveille ce paysage grisâtre ressentant ce climat assez doux. Le film a un côté apaisant tout en ayant ce côté amer par l’histoire, par le fait qu’Elena est en deuil et depuis dix ans elle essaye de reprendre sa vie en main. Ce côté doux et amer apporte de la poésie au long-métrage. Rodrigo Sorogoyen, quand il est dans ce style, a le temps de mettre en place cette poésie cinématographique, se servant de Marta Nieto comme l’une des plus belles performances de 2020 tant elle est touchante dans les moments de tensions, comme dans les moments de calme. Il nous tarde de revoir une nouvelle fois Sorogoyen désormais comme un cinéaste confirmé, mais aussi Marta Nieto sur qui on peut en parler longuement tant qu’elle est le coeur de ce film et qu’elle nous a tant touché dans Madre.

Madre est un film de Rodrigo Sorogoyen, écrit par Isabel Pena et Rodrigo Sorogoyen. Avec Marta Nieto, Jules Porier, Alex Brendemuhl, Anne Consigny et Frédéric Pierrot


Recommandation :

Podcast :

Avis Twitter :

Critique :

Madre de Rodrigo Sorogoyen : un nouveau et beau virage du cinéaste éclectique : https://www.lemagducine.fr/cinema/critiques-films/madre-film-rodrigo-sorogoyen-avis-10029107/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :