Love Actually : Un besoin essentiel de revoir ce film chaque année, avec des mais…

Love Actually est un film doudou de base, mais remettons en contexte dans le monde auquel on vit actuellement. À l’heure ou j’écris cet article, nous sommes le 15 janvier 2021. 2020 étaient, une année, assez terrible avec le confinement, les violences policières. Cnews est devenue une chaîne d’extrême droite, les droits de la démocratie ne sort pas gagnante dans la première puissance mondiale . Enfin feu d’artifice, la France, grand pays du cinéma, grands pays de l’art et de la culture a décidé que travailler dans ce domaine n’est pas essentiel alors que Miss France pût faire une séance de dédicace.

Vous l’aurez compris et de toute façon nous l’avons tous vécu, c’est une période vraiment pas simple. Quand M6 avait diffusé Love Actually début décembre, je me suis tout de suite jeté sur la diffusion. Il y a ce besoin de trouver un oreiller réconfortant, de retrouver ce doudou qu’on a adoré aimer et qu’on veut retrouver. Le début nous émut avec les scènes de l’aéroport ou Richard Curtis réalisateur et scénariste de Love Actually avait une équipe de cameraman pour filmer ces moments très authentiques dans l’aéroport international d’Heathrow à Londres. Comme le dit le narrateur qu’on entend au début du long-métrage : « L’amour est partout ». C’est exactement ce que l’on recherche en revoyant le film de Richard Curtis.

Richard Curtis est surtout un scénariste s’occupant de comédies romantique qu’on connaît plutôt bien pour « Quatre Mariages et un enterrement », « coup de foudre à Notting Hill » ou encore « le Journal de Bridget Jones ». Love Actually est le premier des trois premiers longs-métrages qu’il a pu réaliser. Il ne se dépayse pas vraiment puisqu’il parle d’amour à travers plusieurs personnages incarnés par un casting 5 étoiles histoire qu’on passe de joyeuses fêtes de fin d’année.

On le voit avec l’affiche, c’est un procédé assez compliqué qui attend Richard Curtis avec un film choral. On sent que c’est avant tout un scénariste, cela se ressent dans la gestion d’écriture des personnages. L’auteur néo-zélandais s’amuse à raconter les histoires composant son long-métrage, qui assemblés arrive à dynamiser le film. Ce dynamisme se ressent sur les relations qu’entretiennent les différents personnages, même s’ils ne sont pas sur la même historie. On pense au lien familial entre Le Premier ministre (Hugh Grant) et sa sœur Karen (Emma Thompson). Cela peut être une amitié assez forte toujours avec Karen et Daniel (Liam Neeson). Parfois, cela peut être un lien de travail comme Tony (Abdu Salis) et John (Martin Freeman). À part Billy Mack (Bill Nighy) et son manager Joe (Gregor Fisher) les personnages sont reliés entre eux. À travers ces relations, on voit les personnages de Richard Curtis qui sont qui vivent, qui bougent, qui évoluent. C’est toujours montré de façon assez naturel chez le cinéaste néo-zélandais.

C’est en voyant et revoyant ce lien qu’on se sent si à l’aise en évoquant Love Actually. Le film nous conforte dans ces moments de joie et de bonne humeur, quand on voit Hugh Grant faire cette danse absolument mémorable dans le Buckingham palace. Des moments ou les larmes sont de sortie, quand il y a le mariage avec la chanson « All You Need is Love » nous plongeant encore plus dans la joie du mariage. Il y a aussi des larmes de tristesse quand on voit ce qui arrive à Karen dans son couple. Richard Curtis arrive à capter ces moments de vie. Ces moments qui nous montrent ce qu’évoque l’amour dans plusieurs situations. Si on est hermétique à cause d’une relation amoureuse, ce n’est pas un film qu’on pourrait conseiller, car l’amour est le narrateur des différentes histoires, même si on aurait aimé que ce ne soit pas le narrateur de l’histoire autour de Colin Frissell (Kris Marshall) beaucoup trop problématique. Le côté Américain Pie on aurait pu très bien s’en passer.

Inutile de parler du succès que rencontre le premier film de Richard Curtis. Véritable classique de la comédie de Noël, le film avec les années qui passent a une énorme réputation. En 2004 c’est l’un des films les plus loués en Grande-Bretagne . En France, on sait que chaque année en décembre, on attend la diffusion du film sur M6 et c’était le cas l’année dernière pour beaucoup de monde.  

On parle souvent et c’est des termes que j’emploie parfois comme un film doudou, un film qui incarne une forme de bienveillance. Comme je le disais tout à l’heure, parler de Love Actually, c’est faire une confrontation de moi-même entre la personne qui a adoré découvrir le film il y a quelques années et mon esprit critique de remettre en contexte l’œuvre, tout en voulant évoquer ce que cela fait de parler de ce film de nos jours. Avant d’écrire ces mots, j’émettais quelques pistes de réflexions qui se sont confirmées en regardant la vidéo de la chaîne The Take évoquant la problématique des relations amoureuses montrées dans le film. L’idée n’est pas de dire que la vidéo de The Take a totalement raison ou non, mais plutôt de s’intéresser aux pistes de réflexion qu’amène la vidéo. Il y a deux points que j’ai vu dans la vidéo et que je voulais aborder dans ce papier. Attention spoilers !

Le premier point que je voulais aborder, c’est par rapport au personnage de Mark qui filme d’une façon obsessionnelle Juliet (Keira Knightley) lors de son mariage avec des gros plans sur elle. Cette scène se poursuit avec le moment ou il toque chez elle en voulant annoncer ses sentiments pour elle. Cela peut être gênant quand on nous le montre comme un geste romantique, alors que dans les faits, ce n’est pas forcément le cas, même si cela reste une séquence qui m’a particulièrement touché, on sent un film plutôt maladroit, à l’image des comédies romantique de cette époque. En émettant ces doutes et en plaçant la réflexion en 2021, cela nous permet de voir que les mœurs et les questions sur le sujet ont évoluées.

Pour le second point concernant l’arc de Colin (Kris Marshall) voyant les femmes comme un objet de désir. S’il part aux Etats-Unis, c’est qu’il pense qu’il aura plus de succès. Ce qui m’embête vraiment avec cette partie, c’est de voir un personnage récompensé de son choix dès son arrivée dans un bar. Si cela ne regarde que moi, j’aurais coupé cette partie que je trouve si inutile, si problématique, si gênante sur la vision des femmes. Fin des spoilers !

La vidéo apporte beaucoup d’éléments de réflexion autour des personnages. Cela vaut vraiment le coup de s’y attarder sur les 20 minutes de visionnage et qu’on en discute tous. On peut être d’accord, on peut être ne pas d’accord, mais on peut surtout en discuter en prenant du recul sur notre appréciation de notre visionnage. Malgré tout, Love Actually est un film important, c’est un film qu’on a besoin de revoir, c’est un film qui nous apporte tellement de choses positifs à chaque fois que je le vois, mais je reste conscient que le film comporte des points assez problématique, comme évoqué ci-dessus.

Love Actually est un film réalisé et écrit par Richard Curtis. Avec Bill Nighy, Gregor Fisher, Colin Firth, Liam Neeson, Emma Thompson, Kris Marshall, Heike Makatsch, Martin Freeman, Joanna Page, Chiwetel Ejiofor, Andrew Lincoln, Keira Knightley et Hugh Grant

2 commentaires sur “Love Actually : Un besoin essentiel de revoir ce film chaque année, avec des mais…

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  1. Je ne l’ai pas vu depuis des années mais j’en garde un bon souvenir. Je comprends bien l’aspect « doudou » qu’il a pour plusieurs personnes. Après, je trouve ta démarche très intéressante. C’est très difficile de remettre en question un film que l’on adorait, mais il le faut bien ! Personnellement, il y a des comédies que j’adorais à l’époque ; que je vais parfois trouver gênantes, à certains moments, aujourd’hui. Dois-je renier le film pour autant ? Je ne sais pas. Mais c’est important de garder un esprit critique, et en tenant compte du contexte. Il faudrait que je revois Love Actually pour avoir un un regard nouveau sur les points que tu évoques. De nos jours, un films choral sur l »amour aurait d’ailleurs peut-être un casting et des personnages plus variés. En tout cas, ta critique est très sympa. Au plaisir de te relire 🙂

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    1. Merci à toi pour ce commentaire

      Sur la question que tu poses, je trouve que c’est très important de remettre un film dans son contexte, tout en disant que la société et les moeurs c’était comme ça au début des années 2000, mais que de faire un film comme Love Actually dans son écriture en 2021, ce n’est plus possible, mais c’est une bonne chose car cela montre que la société change, que les moeurs changent. Je pense que si ce sont des films que t’aiment beaucoup, il faut pas forcément les renier, mais c’est essentiel d’avoir un regard nouveau loin d’une nostalgie.

      SI on avait un film choral sur l’amour en 2021, je serais très curieux de voir le résultat, car comme je le disais tout à l’heure, on a bien évolué, même si tout n’est pas encore parfait

      Aimé par 1 personne

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