Palm Springs : On peut encore parler de boucle temporel en étant non pas répétitif, mais rafraichissant

Des films reprenant le concept de boucle temporel, ce n’est pas quelque chose de nouveau. C’est même un concept s’adaptant à pratiquement tous les genres de cinéma. De la comédie avec le classique un jour sans fin (1999), à de la science-fiction avec Edge of Tomorrow (2014) et Source Code (2011), pour faire un petit voyage dans de l’horreur avec Triangle (2009) et Happy Birthdead (2017). Pour Palm Springs, le premier long-métrage de Max Barbakow, on retourne dans un aspect plus comédie, ce qui est assez logique quand tu as Andy Samberg en pleine bourre depuis plusieurs années, mais avec une orientation rom-com.

Dans Palm Springs, l’homme qui va revivre sans cesse la même journée s’appelle Nyles (Andy Samberg), qui fera la connaissance de Sarah (Cristin Milioti) lors du mariage, ou Sarah est non seulement la demoiselle d’honneur, mais aussi la sœur de la mariée. Ils se rendent compte qu’ils sont bloqués dans cet espace-temps. Comme on est dans cette thématique de la boucle temporel, les deux personnages vont revivre la journée du mariage.

Quand on parle du film de Max Barbakow, on entend beaucoup que nous avons affaire à un film qui révolutionne le concept, mais il n’en est rien. Palm Springs est avant tout un film rafraîchissant. On sent que son réalisateur connaît assez bien les codes de ce genre de film afin de nous éviter qu’on mange toujours la même soupe. Au lieu qu’on perde une bonne demi-heure à voir un personnage qui se demande ce qui se passe, qui ne va pas comprendre qu’il revit depuis un petit moment le même jour, nous donnant la sensation de tourner en rond comme dans la série Russian Dolls, Max Barbakow nous met tout de suite dans le bain. On ne le sait pas forcément dans les premières scènes, mais le personnage de Samberg sait depuis un bon moment qu’il est bloqué dans cet espace-temps. On le voit dans la gestuelle de l’acteur, on voit un personnage qui rien qu’avec sa tenue de chemise hawaïenne et en short, nous montre que cette célébration d’un mariage n’est plus un jouer unique.

C’est plus avec Sarah que l’on va se rendre compte que les deux personnages sont bloqués dans cet espace-temps, mais tout cela ne va durer qu’une quinzaine de minutes. C’est le temps qu’il nous faut, pour qu’on se laisse imprégner de l’ambiance du film, de son ton toujours à nous donner le sourire, du duo Samberg-Milioti qui en font une tonne quand ils s’expriment, mais c’est d’une justesse dans ce que veut faire le cinéaste. Max Barbakow se sert de ce premier quart d’heure pour nous mettre à l’aise et qu’on puisse passer un bon moment.

Une fois passé ce premier quart d’heure, on se rend compte que « Palm Springs » est open world assez conséquent, nous faisant penser à un jeu Ubisoft sans des bugs, des PNJ nous harcelant ou encore trop de truc à faire sur un endroit. En assumant cet aspect, le réalisateur offre un immense terrain de jeu à ses acteurs. Un terrain ou les activités ne manque pas afin d’expérimenter ce qui peuvent faire. Quitte à revivre la même journée autant s’acclimater de cet endroit et en faire un gigantesque laboratoire. Tout cela sert à l’aspect comédie du film ne manquant jamais de panache dans son écriture, mais en même temps, je pense que les deux acteurs peuvent absolument tout faire. On parlait de laboratoire pour les personnages, mais je pense que pour le réalisateur avoir dans le même film, Andy Samberg, Cristin Milioti, mais aussi J.K Simmons, c’est aussi l’occasion d’utiliser pleinement le potentiel des trois acteurs.

Il n’est pas que question de nous faire rire ou de nous donner du baume à nos cœurs sur le côté rom-com. « Palm Springs » nous montre des personnages qui ont accepté cette vie, qui sont désespérer au point qu’ils sont prêts à mourir rapidement afin de recommencer cette journée. Mais, c’est la peur qui sera vraiment évoquée dans ce film. La peur pas dans le sens de la peur de la mort qui n’existe plus quand on est bloqué dans un espace-temps, mais une peur de retrouver une vie une fois sortie de cet espace-temps. À travers cette grande peur, on peut voir à côté d’autres peurs, comme la peur du lendemain, la peur de l’inconnue. Ce qui est important à signaler, c’est que même si c’est compliqué d’être bloqué dans cette journée, les personnages ont fait de ce lieu quelque chose de familier, un refuge, oubliant même tout sens de réalité, comme une sensation d’être dans une bulle. L’aspect de parler de la peur dans Palm Springs est assez intéressant si on fait un parallèle à nous. Nous avons aussi cette peur du lendemain et encore plus maintenant avec la situation sanitaire. Il y a des moments ou je me regarde dans un miroir, et parfois, j’ai envie de rester bloquer quelques jours dans une de mes journées si belle se rapprochant de la journée parfaite.

Il est trop tôt pour parler d’un film culte, pouvant pourquoi pas remplacer le « un jour sans fin » de Harold Ramis, mais c’est un film qui est arrivé au meilleur des moments. On a tant de sympathie pour le premier long-métrage de Max Barbakow, qui nous apporte tant de bonnes ondes positives. Des films avec ce duo de comédiens qui nous a fait tant sourire. Chez Barbakow, il y a cette intelligence de demander à ses actrices et acteurs d’en faire une tonne afin de donner tout un ton crédible à un univers. On oublierait presque que c’est un petit film de la Sundance 2020 qui a battu le record de vente d’un film du festival avec 17 500 000 $ par Hulu. Ils ont même annoncé en Janvier 2021 qu’il y avait un commentaire audio du film avec les deux comédiens, le réalisateur et le scénariste. Je ne sais pas si cela va arriver en France, mais je pense qu’on a tous hâte d’avoir accès à ce bonus qui risque de beaucoup nous faire sourire. 

Palm Springs est un film de Max Barbakow et écrit par Andy Siara. Avec Andy Samberg, Cristin Milioti, J.K Simmons, Peter Gallagher et Meredith Hagner.

Disponible sur Prime Video


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Pour aller plus loin que le film, je vous recommander d’aller sur Telerama (article premium : Andy Samberg, héros de “Palm Springs” et poil à gratter de l’Amérique)

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