Mangrove : Un Steve McQueen enragé qui commence idélalement son anthologie

Premier film de la collection Small Axe de Steve McQueen.

Récit de l’affaire et du procès des Mangrove nine, un groupe de militants noirs britannique, arrêtés suite à une manifestation contre harcèlement de la police envers la communauté noire de Notting Hill et un de ses restaurants emblématique.


Mangrove est le premier film de l’anthologie Small Axe réalisé par Steve McQueen. Même si les cinq films ne sont pas reliés, ils se déroulent tous dans les années 60-70. Dans cette anthologie, on va suivre la communauté antillaise de Londres. Cette communauté qui chaque jour est confrontée à un environnement assez hostile. Quoi de mieux pour notre plaisir d’avoir la même année cinq œuvres d’un cinéaste aussi engagé que le cinéaste britannique, promettant plein de bonnes choses à évoquer.

Dans ce premier film, comme indiqué dans le titre, Steve McQueen s’intéresse au procès des Mangrove Nine, un groupe de militants accusés en 1970 d’inciter la haine envers la police lors d’émeutes. Ce qui provoque cette manifestation, c’est ce qui se passe dans le restaurant « Mangrove », restaurant ou toute la communauté antillaise dont notamment des intellectuels et des militants, comme ceux du mouvement du Black Panther se regroupent, afin de retrouver un parfum de la maison, un endroit convivial et une ambiance très liées aux Antilles, mais cet endroit est victime d’une violence policière toujours aussi présente.

C’est un Steve Mcqueen assez énervé qui réalise cette Anthologie. Il se sert de cette rage pour raconter cette histoire. Plus que de l’énervement du cinéaste enragé par cette situation, McQueen se sert de son état d’humeur dans cette envie de raconter cette histoire des « Mangrove Nine ». Cette envie est démontrée quand il prend du temps pour raconter cette histoire. Dans ce premier film de cette anthologie, le cinéaste nous montre comment vit cette communauté, il nous montre que c’est une communauté qui respire la joie de vivre, qui adorent la fête. La caméra de McQueen capte ses moments de fêtes pour nous montrer la vie de ce quartier. Par la suite, il montrera ce qui touche de plein fouet cette communauté. S’il ne cache jamais cette violence policière, c’est pour évoquer ce sentiment d’injustice de ce peuple et des propriétaires du Mangrove qui pourtant font tout dans les règles. Face à cette violence montrée à l’écran, on n’est pas insensible et on va ressentir nous aussi cette injustice et cette horreur, la communauté antillaise de Londres la vivent chaque jour. Le fait de nous montrer ces violences dans le Mangrove, qui est un lieu centré sur la culture antillaise, nous montre un racisme évident de la police autour de cette communauté, mais la police agresse non seulement des personnes qui n’ont rien fait, mais ils agressent tout ce qui touche autour de la culture de cette communauté.

Dans son engagement, Steve Mcqueen tombe un peu dans la facilité. Il suffit de voir tout ce qui caractérise la police. McQueen reprend exactement l’archétype du policier méchant. En ajoutant cela une ambiance assez froide loin du côté festif autour du Mangrove. Il accentue encore plus l’archétype quand les policiers qui jouent aux cartes et qui d’un coup pour le plaisir personnel demandent au nouveau policier d’agresser la première personne de couleur qu’il croise. Cette scène ou ce groupe de police poursuit cette personne qui n’a rien demandé est gênante pour le spectateur. Autant le côté gratuit de la violence que le cinéaste va beaucoup utiliser n’était pas gênant, car par la force des choses, il va appuyer son propos. Cette scène, dont il est question, ne sera jamais utilisée par la suite. C’est extrêmement dommage pour un film qui faisait un sans-faute avec une pertinence dans son sujet.

On pourrait dire que le film est partagé en deux actes. Le premier acte celui que j’ai évoqué assez longuement dans cette critique. Une partie nécessaire pour le spectateur afin qu’on s’imprègne non seulement de l’ambiance autour de la communauté, mais de nous expliquer sans souligner le contexte de cette histoire. La seconde heure du film se concentre sur le gros morceau du film : le procès. Ce procès, c’est un procès vif. Steve McQueen nous fait un procès à la Lumet dans sa gestion de l’espace et de l’ambiance autour de la séance. On est très vite dans le sujet, et la mise en scène illustre l’engagement des personnages, qui ne font pas que se défendre. Ils attaquent le système, quand certains personnages décident de se défendre seul. Par la grande interprétation du casting, le procès est assez passionnant à suivre, surtout quand on le compare à autre film de procès dont l’affaire peut avoir des similitudes avec le film de McQueen. Je l’avais déjà vu en voyant le film de Sorkin, mais les qualités de Mangrove pointent ce qui ne va pas dans le film de Sorkin. Quand Sorkin a fait, « les sept de Chicago« , le réalisateur américain était dans une récitation. Une récitation propre, mais dont l’engagement était à l’image de sa mise en scène, peu subtil et assez transparent. Tout le contraire du film de Steve Mcqueen qui est à l’image de l’engagement du cinéaste britannique.

Mangrove est un film réalisé par Steve McQueen, écrit par Steve McQueen et Alastair Siddons. Avec Letitia Wright, Malachi Kirby, Shaun Parkes, ROchenda Sandall, Nathaniel Martello-White, Darren Braithwaite, Richie Campbell, Duane Facey-Peason et Jumayn Hunter


Pour aller plus loin que l’article je vous recommande d’aller sur : Fucking Cinephiles / Discussing Film (Article Anglais) / Le cercle Séries (émission de télévision) / Certains l’aiment à chaud (Podcast) / Pardon le Cinéma (Podcast) / The Guardian (Article Anglais) / Rolling Stone (Article Anglais)

Pour aller plus loin que le film, je vous recommander d’aller sur : The Guardian ( Interview : Paul Gilroy: ‘I don’t think we can afford the luxury of pessimism)

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