Petite Fille : Un documentaire nécessaire, pour un visionnage essentiel

Sasha, né garçon, se vit comme une petite fille depuis l’âge de 3 ans. Le film suit sa vie au quotidien, le questionnement de ses parents, de ses frères et sœur, tout comme le combat incessant que sa famille doit mener pour faire comprendre sa différence. Courageuse et intraitable, Karine, la mère de Sasha, mène une lutte sans relâche portée par un amour inconditionnel pour son enfant.

Je ne sais pas par quoi commencer tant que je reste extrêmement touché par ce que je viens de voir. Je m’attendais pas à que ce soit quelque chose d’aussi fort que son précédent documentaire qu’on a aussi la même année : « Adolescentes« . Comme son précédent documentaire, il y a quelque chose d’absolument magnifique par ses images. Lifshitz à cette intelligence a ne jamais utilisé la voix off. Pour parler de son sujet, Lifshitz utilise la caméra, c’est tout un langage cinématographique qu’il utilise afin de façonner son film. Comme dans « Adolescentes », il laisse cette famille s’exprimer et cela nous touche énormément. Ce qui est aussi intéressant, c’est que malgré sa forme qui est dans les faits un documentaire pour la télévision, il nous laisse imaginer l’horreur que doit vivre Sasha quand elle est à l’école. Le cinéaste français, montre généralement cette horreur en hors-champ et quand il nous la montre, c’est la séquence ou Sasha fait de la danse. C’est une scène absolument terrifiante, car Sasha voit toutes ses copines porter des belles tenues de danses pour filles, alors qu’elle doit porter un costume pour garçon. L’effet est voulu par Lifshitz afin de nous montrer cette horreur et que c’est difficile aussi pour Sasha, mais c’est un sentiment de malaise, on ressent aussi énormément d’injustice quand on voit tout un système qui est dans le refus que Sasha soit une fille.

Le mot injustice me semble bon, car l’école ne remplit pas son rôle d’accueillir tout le monde en refusant que Sasha soit une fille. Quand Sasha parle de l’école, c’est des moments ou elle pleure, car elle ressent qu’elle n’est pas acceptée. Cela nous permet de voir que notre société encore en retard sur la perception de la transidentité. Alors que cela devrait être normal, il y a un refus, les premiers qui en souffrent seront des personnes comme Sasha. J’ai cet espoir qu’avec le documentaire, les mentalités changent et le regard des adultes changent.

Le documentaire est aussi un portrait sur la famille de Sasha qui accompagne la jeune fille dans ce combat. Cette famille est absolument attachante. Dans le film de Lifshitz, on voit beaucoup la mère qui sera toujours auprès de sa fille. Quand je pense à la mère de Sasha, je repense à la phrase qu’elle disait au début du documentaire sur Sasha et son choix de devenir une fille. j’ai su dès le début que j’allais être ému pendant 1h30 et rien d’écrire sur ce documentaire me donne non seulement une envie de le montrer à plein de gens, mais de repleurer aussi. On parle très peu du père, car physiquement, il est moins présent dans le documentaire, mais quand on le voit, c’est aussi une autre manière d’accompagner sa fille dans ce combat. C’est une manière de dire qu’il ne devrait pas y avoir besoin de combattre, car c’est quelque chose de normal.

« Petite fille » est l’une des plus belles choses que j’ai pu voir quand j’ai vu le documentaire l’année dernière. Ce n’était pas évident de faire cette critique tant que je repense à plein de choses du film. Ce combat mérite qu’on en parle, et qu’on en parle longuement. Maintenant, qu’il est disponible partout, notamment sur Netflix, on peut parler d’un visionnage nécessaire pour un combat important, qu’on n’évoque pas forcément. Il faut voir « Petite Fille », qui est un documentaire absolument merveilleux.


Petite Fille, est un documentaire réalisé par Sébastien Lifshitz


Pour aller plus loin que l’article, je vous recommande d’aller sur : Arte.tv (rencontre avec Sébastien Lifshitz) / Pardon Le Cinéma (Podcast) / Le Bleu du Miroir / La Troisième Rangée (Podcast) / On se fait un ciné / Fucking Cinéphiles / Chroniques du Cinéphile Stakhannoviste

2 réflexions sur “Petite Fille : Un documentaire nécessaire, pour un visionnage essentiel

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