Malcolm & Marie : En attendant la saison 2 d’Euphoria

Après la projection en avant-première de son dernier film, un cinéaste rentre chez lui avec sa petite amie. Alors qu’il est certain que son film rencontrera un succès critique et commercial, la soirée prend une tournure inattendue : les deux amoureux doivent affronter certaines vérités sur leur couple qui mettent à l’épreuve la force de leurs sentiments. 

Malcolm & Marie:  Zendaya, John David Washington

Parler de Malcolm & Marie, c’est aussi parler de la préparation et du tournage du film. Il y a quelque chose d’exceptionnel quand on voit le temps entre l’écriture et le tournage. Malcolm & Marie est ce qu’on peut appeler un pur produit covid. Sam Levinson a écrit et tourné le film pendant l’été 2020 dans un laps de temps de deux semaines. Bien évidemment, Covid oblige, le protocole sanitaire était élevé avec une petite équipe dont on pouvait retrouver Marcell Rév le directeur de la photographie et Michael Grasley le chef décorateur. Afin de diminuer le nombre de personnages sur le plateau qui étaient limités à douze personnes. Les deux acteurs John David Washington et Zendaya étaient tous les deux responsables de leurs maquillages et de leurs costumes. C’est incroyable tout ce qu’il a fallu faire afin de tourner le film et les anecdotes ne manquent pas. Je pense à la quarantaine avant le tournage du film, le réalisateur Sam Levinson et ses deux acteurs se réunissent sur le parking et parlent du scénario. Même si le réalisateur et le créateur de la série « Euphoria » est le seul crédité pour le scénario, on sent qu’on est sur une étroite collaboration entre le cinéaste et les deux acteurs sur un sujet qui parlent aux deux acteurs. 

Quand on regarde le film, on sent un Sam Levinson qui a cette envie de réaliser, suite à cette frustration de n’avoir pas pu tourner la saison 2 d’Euphoria (le tournage devrait cependant bientôt commencer.), mais qui n’a pas pu, par un événement qu’on connaît tous. Rien que dans ce début, on voit cette envie de réaliser malgré cette période par ce côté que le réalisateur veut faire une démonstration. Le film commence très fort avec ses intentions de mise en scène quand on voit les travellings à l’intérieur de cette villa. Même si on est un peu trop dans cette démonstration que j’évoquais, Sam Levinson nous montre l’envers du décor. Le film débute par ce couple qui revient de la projection presse du film de Malcolm, mais lors du retour de la maison, les deux n’ont pas la même satisfaction. Malcolm est content des retours de la projo presse, Marie est un peu dégoûtée de la situation et va le faire savoir. Sam Levinson installe l’ambiance huis-clos du film, une fois que tout ceci s’installe, c’est comme si on était enfermé avec les personnages. Je regrette cependant rien que dans son début un film qui veut trop en faire, mais c’est cohérent avec son écriture, qui est quelque chose de peu subtil ou tout est exagéré. C’est la limite de ce pur film covid, qui n’a pas eu le temps de mûrir, de grandir, d’évoluer. Cela explique ce film qui manque tant de subtilités dans les moments importants. Pour gommer ce manque de subtilité, Sam Levinson va faire un film avec énormément de style, mais pour quasiment toutes les scènes. Le plus criant, c’est de faire un gros plan sur des macaronis et très vite cela devient insupportable. Toujours dans la réalisation, vient ensuite l’utilisation du noir et blanc, qui est un très beau noir et blanc. C’est très propre comme le dernier film de Fincher et c’est le même souci que j’ai avec Mank. c’est juste un moyen pour se la péter, le noir et blanc est  secondaire et n’apporte pas une lecture supplémentaire au film. 

« Malcolm et Marie » est ce qu’on peut appeler un véritable ping-pong entre les deux personnages. On pourrait résumer le film par un enchaînement de monologues. Ce sont des monologues qui veulent mettre en avant le talent de ces deux acteurs. Sam Levinson a compris que l’attraction de son film vient de par ses deux acteurs qui sont en pleine bourre. On ne présente plus Zendaya, qui a déjà une carrière au sein des blockbusters Marvel et dans des œuvres d’auteur en travaillant déjà avec Sam Levinson sur Euphoria. Tant qu’a John David Washington, même s’il n’a pas encore beaucoup de rôles à son actif tape déjà sur du très lourd avec un Spike Lee et un Nolan. Sur les monologues, même si au début, on prend du jeu à suivre cette partie de ping-pong, il y a quelque chose de très lourd qui vient au fur et à mesure du long-métrage. Il va réutiliser sans cesse la même formule, déjà que le film est assez long. Ce sera encore plus épuisant avec un John David Washington en véritable roue libre que ce soit quand il mange d’une façon si ridicule son repas ou quand il donne des coups poings en l’air afin de se défouler. Il devient même parfois ridicule quand il s’énerve et c’est un peu le but de son personnage, car Malcolm n’est pas important. Sam Levinson nous fait croire que les deux personnages ont autant raison que tort, mais en réalité Sam Levinson s’intéresse avant tout au personnage de Zendaya sur lequel il va fortement appuyer afin de donner une puissance à la hauteur du talent de l’actrice. Comparé à son collègue masculin, Zendaya ne sera jamais dans le surjeu et on voit quelque chose d’intéressant. Avec Zendaya, on peut voir ce film comme une continuité de son personnage dans Euphoria. Tout amène à penser que Marie, c’est Rue, mais dans une phase adulte. 

Si j’ai beaucoup reproché sa subtilité, Malcolm & Marie raconte beaucoup de choses intéressantes. Le film de Sam Levinson nous montre clairement qu’on est plongé au sein d’une véritable relation toxique. Il nous montre Malcolm, un auteur qui se sert de cette toxicité dans leur couple afin de pouvoir créer. Il parle aussi du rapport entre un cinéaste noir et la critique. C’est tout un monologue de John David Washington qui est enclenché, quand il lit la critique d’une journaliste américaine. Cette journaliste, qui a bien aimé son film, mais qui visiblement n’a pas aimé pour les bonnes raisons selon Malcolm. Même si on en rigole par le côté ridicule ou Malcolm est parfois un clown qui s’énerve, il nous pose maladroitement cette question intéressante sur la légitimité pour un cinéaste de couleur qui ne veut pas être dans cette case de cinéaste politique à la Spike-Lee. C’est quelqu’un qui veut montrer qu’il peut faire autre chose, mais c’est surtout quelqu’un de fragile qui veut montrer qu’il peut faire du cinéma comme le font beaucoup de très grands cinéaste blanc. Même s’ils ne sont pas encore des cinéastes, je suppose que cette réflexion est amenée par Zendaya et John David Washington lors des discussions pendant la période d’isolement avant le tournage. Quel dommage que tout passe au second plan, par son manque de subtilité. Puisqu’on parle du manque de subtilité, on peut évoquer l’utilisation de la musique qui est présentée comme un interlude après chaque monologue. La musique montre les états d’âme des personnages, mais c’est fait de façon si fainéante. Il y a des moments ou parfois comme dans son début le cinéaste veut impressionner et d’autres moment ou il est dans une paresse intellectuelle.

« Malcolm et Marie » est un film imparfait qui souffre beaucoup trop de choses. Sa limite vient dans sa conception assez express due à la situation sanitaire. On peut néanmoins saluer toute l’équipe présente pour avoir réussi à faire ce film. Les réflexions qu’ amène le film sont très intéressantes. Des réflexions sur lesquelles j’ai longtemps réfléchi avant d’écrire cette critique. Ce film est un bon moyen d’attendre ce que nous prépare Sam Levinson et Zendaya dans cette saison 2 d’Euphoria qu’on attends tous.

Malcolm & Marie

Malcolm & Marie est un film réalié et écrit par Sam Levinson. Avec Zendaya et John David Washington.

2 réflexions sur “Malcolm & Marie : En attendant la saison 2 d’Euphoria

  1. Coucou ! Personnellement, j’ai bien aimé ce film. Comme tu l’as dit, il était parfois un peu long à cause du schéma répétitif des monologues. Mais les thèmes abordés étaient assez intéressants ! Je n’ai pas accroché avec le personnage de Malcolm parce que je pense que, comme tu l’as dit, il a ce caractère extravagant et donne l’impression d’être toujours dans le surjeu, d’où la super performance de John David Washington à mes yeux. J’ai par contre beaucoup aimé Marie, Zendaya est une actrice que j’adore et je l’ai vraiment trouvée juste dans ce film ! Bon, par contre, je l’ai vu une fois et ça m’a suffit… Bisous !

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