[FIFF 2021] In The Mirror : Bienvenue dans ma story

Un entraîneur de CrossFit et sa femme deviennent les parents d’une petite fille, Blanche-Neige. La mère de l’enfant décède. Le père se remarie avec une femme obsédée par son apparence et par le sport. Elle s’entraîne en continu pour être la meilleure. Le temps passe. Un jour, Blanche-Neige surpasse les records de sa belle-mère…

Décidément, il y a des contes qui reviennent toujours décennies après décennies, soit par l’intermédiaire de nouvelles éditions, soit par l’intermédiaire de Disney ou on serait pas surpris un jour qu’ils annoncent Blanche-neige en live-action. Je ne m’attendais absolument pas à voir une version contemporaine de Blanche-neige dans cette édition du FIFF, qui est si atypique des autres films en compétition. On est loin d’une réalisation classique. Chaque personnage va se filmer directement depuis un smartphone, comme si on regardait des story sur des réseaux sociaux, mais en version très longue. Quand on quitte une séquence avec un personnage, c’est une nouvelle séquence qui commence, toujours par l’intermédiaire de quelqu’un qui se filme. Plus l’histoire avance, plus le rythme va être élevé et plus l’absurdité du film par son concept s’éveille pour le meilleur et pas du tout pour le pire. 

Il est difficile d’aborder le film de la cinéaste lettonne tant que nous avons affaire à une proposition si radicale, si unique. Dès sa première scène, on ne sait pas comment se placer par ce père (Lauris Dzelzitis) qui se filme toujours pour n’importe quel événement de sa vie. Il y a des moments ou on frôle le ridicule tant que le film va au bout de ses idées de mise en scène. Parfois, on essaye de comprendre, parfois cela frôle le génie, tant que la réalisatrice infuse un nouveau souffle sur cette manière de raconter une histoire, à faire du cinéma. L’utilisation du noir et blanc offre une ambiance si unique au film, mais si oppressant qu’on n’est jamais à l’aise. 

Laila Pakalnina, ne modernise pas Blanche-neige pour le plaisir d’en faire un reboot. C’est plutôt le conte de Blanche-neige qui s’ancre à notre réalité, mais aussi d’autres contes que va ajouter la réalisatrice. C’est pareil pour son concept qui sert avant tout d’analyse sur le comportement humain. La cinéaste lettonne utilise les smartphones comme caméra afin de montrer que l’être humain veut toujours se filmer pour n’importe quelle occasion. On voit un mariage, on voit un enterrement. Non seulement, ils filment leurs vies, mais on voit surtout l’humain qui ne peut pas s’empêcher de se diriger vers une caméra comme un aimant comme s’il était attiré par cela. L’être humain veut absolument être montré à son avantage. On le voit dans cette histoire, il y a un Club de CrossFit, il y a des gens qui font attention à leurs corps, les personnages ne peuvent pas s’empêcher de se filmer. Tout ceci nous indique qu’on est sur un film qui va parler de notre société narcissique, ou le culte du corps est obsessionnel. Quand le film nous montre des situations aussi absurdes, c’est pour dénoncer, que ce culte devient une jalousie, une guerre d’ego et que dans cette compétition, on est prêt à faire n’importe quoi. 

Même si au prime abord, on ne sait pas dans quoi on embarque, il faut parfois forcer les choses et découvrir ce film. Beaucoup râlent d’un cinéma qui n’arrive pas à se renouveler. Regarder ce film, c’est de mettre en avant ce film si particulier et si différent des autres films de cette sélection. In The Mirror réveille en nous ce plaisir d’aller vers l’inconnu quand on est en festival. J’aurais mis ma main à couper pour me voir dans l’ambiance à Créteil pendant la projection de ce film. In The Mirror, même s’il est diffusé dans un festival qui par des raisons sanitaire est online est la raison de pourquoi je prends du temps à écrire sur des films de festival. Ce qui est sûr, c’est quand on voit cette belle sélection, In The Mirror est un véritable Ovni, mais cela lui donne énormément de charme. 

In the Mirror - Film (2020) - SensCritique

In the mirror est un film de Laila Pakalnina. Avec Lauris Dzelzitis, Gatis Gaga, Elza Leimane et Madlena Valdberga.

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