[FIFF 2021] L’île des perdus : Le sanctuaire des objets perdus

Le flux ne s’arrête jamais. Les perdants approchent l’accueil du Service des Objets Trouvés. Ils viennent récupérer leurs objets, ils sont pressés. Mais retrouver ce qui a été égaré n’est pas chose facile. Il faut du temps. Le temps d’être reçu au guichet de l’accueil. Le temps d’expliquer ce qui a été perdu. Puis le temps nécessaire pour que les agents puissent identifier l’objet dans l’entrepôt et le faire remonter à l’accueil avec le monte- charge. Mieux vaut alors accepter l’attente, s’abandonner à ce ralentissement et raconter. Dire quel contretemps, quel acte manqué ou quel chagrin nous a portés à perdre, à nous égarer nous-mêmes un peu parfois, et à échouer ici.

Même si on se dirige vers une société de plus en plus dématérialisée, on a toujours des objets qu’on possède physiquement. Cela peut être toutes sortes d’objets comme le téléphone, le carnet de dessin quand on se promène dans un parc parisien, ou encore notre essentielle carte d’identité. Comme tout objet physique, il y a qu’un seul pas vers la perte d’un objet. La tristesse peut arriver, car cela peut être un objet important pour nous. Heureusement, parfois, des objets sont retrouvés par des personnes qui ont une âme (comme quoi ça arrive et tout n’est pas noir) qui vont les déposer au Service des Objets trouvés.

C’est dans cet endroit que la caméra de Laura Lamanda va s’attarder. Il y a une sensation d’être dans un sanctuaire qu’on visite en toute liberté. C’est comme si cet endroit nous ouvrait les portes de cet endroit. Les objets sont en attente de retrouver leurs propriétaires. On y retrouve des téléphones, des sacs, des carnets, toutes sortes d’objets qu’on peut perdre assez facilement. Non seulement, on visite cet endroit, mais on voit de plus près de les gens qui travaillent dans ce service, qui par la même occasion ont accès aux différentes histoires des personnes ayant perdu ces objets, car chaque objet raconte une histoire.

Le documentaire regorge de témoignages sur le rapport entre une personne et un objet. Cela va au témoignage d’une personne qui découvre que ses papiers ont été volés et se sont retrouvé dans le service des objets perdus, au témoignage poignant de quelqu’un qui a perdu son sac avec plein d’affaire à lui, qui nous explique qu’il est très maladroit et c’est devenu une habitude de perdre des objets. Ce dernier nous montre que parfois les objets ont une signification selon la personne. Parfois, on connaît toute l’histoire d’un objet notamment d’un homme, inquiet d’avoir perdu ses papiers disant qu’il est un réfugié politique. Son inquiétude est normale, ce papier prouve au monde entier qu’on existe, qu’on a une identité.

Pour le reste, c’est le film qui nous amène à imaginer la vie de ces objets avant qu’il se retrouve dans le sanctuaire. La narration ne se fait pas par le propos de la réalisatrice, mais par l’imagination du spectateur. Comme je le disais tout à l’heure, chaque objet racontant une histoire, c’est tellement d’histoires qu’on peut écrire sur les différents objets qui sont nombreux et continueront à l’être.

Tant qu’on a des personnes qui auront ce réflexe de déposer l’objet dans le service, tant que les gens continueront de faire vivre ce service. L’espoir de retrouver un objet important pour nous existera toujours.

L’île des Perdus, est un film de Laura Lamanda

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