Les Mitchell contre les machines : Elle n’en a pas l’air, mais cette famille est connectée face à l’invasion des robots

Katie Mitchell, jeune fille passionnée à la créativité débordante, est acceptée dans l’université de ses rêves. Alors qu’elle avait prévu de prendre l’avion pour s’installer à l’université, son père Rick, grand amoureux de la nature, décide que toute la famille devrait l’accompagner en voiture pour faire un road- trip mémorable et profiter d’un moment tous ensemble. Linda, mère excessivement positive, Aaron, petit frère excentrique, et Monchi, carlin délicieusement joufflu, se joignent à Katie et Rick pour un ultime voyage en famille. Mais le programme des Mitchell est soudainement interrompu par une rébellion technologique : partout dans le monde, les appareils électroniques tant appréciés de tous  des téléphones aux appareils électroménagers, en passant par des robots personnels innovants décident qu’il est temps de prendre le contrôle. Avec l’aide de deux robots dysfonctionnels, les Mitchell vont devoir surmonter leurs problèmes et travailler ensemble pour s’en sortir et sauver le monde !

Les Mitchell contre les machines

Le nier serait une grosse erreur de notre part, mais Phil Lord et Chris Miller n’ont pas seulement le vent en poupe. C’est un duo cinéaste incarnant cette nouvelle pop culture. Pas besoin de réfléchir pendant 10 h pour voir l’impact des films qu’ils ont pu faire. Quand dans l’animation, ils réalisent “Tempête de boulettes géantes” et “La grande Aventure Lego ”, ce sont des films qui vont bien plus loin qu’un beau succès. Ce sont des films qui marquent énormément de gens, qui attirent toute une génération et qui deviennent par la suite, des choses, des références pour énormément de personnes. Il suffit que je regarde ma petite sœur qui, quand elle était adolescente, est tombée en 2014 dans” la grande aventure Lego” et je la vois passionnée par ce que le film raconte. Quand on voit cette génération 2000 plongé dans les Lego, c’est un film qui parle pour eux, avec des références qu’ils connaissent.

Cela va bien plus loin que les films que le duo réalise. Ce sont tout simplement des grands noms du cinéma, à la manière d’un Spielberg qui porte en avant des projets. Quand ils produisent SpiderVerse, quand ils produisent Mitchell contre les machines qui est l’objet de cette critique, on voit des films à l’image de ce duo, il y a un savoir-faire retranscrit par d’autres cinéastes. Le fait de savoir que ce duo n’est jamais très loin de ce projet, donne envie au public de voir ses films et inconsciemment, on pense que ce sont des films qui sont réalisés par le duo, alors que ce n’est pas le cas. Juste par cette phrase, on voit l’importance qu’ont les deux bonhommes.

Les Mitchell contre les machines

Ce qui m’intéressait dans Mitchell contre les Machines, c’est de regarder l’après Spiderverse. Ce film lançait artistiquement quelque chose d’intéressant, qui pouvait déboucher sur de nouveaux réalisateurs prometteurs et des univers pouvant attirer plus d’une personne. On voit de suite ce qu’a apporté ce film à tout un secteur, notamment en reprenant merveilleusement le style d’animation que Spidervese. Plus que le reprendre, ils le rendent encore plus parfait, plus dynamique. C’est tout simplement un plaisir de voir les images défiler, d’autant plus que nous avons affaire à un film toujours dynamique. Les réalisateurs Michael Rianda et Jeff Rowe proposent toujours quelque chose à l’écran. En tant que spectateur, on ne boude jamais notre plaisir pendant toute la durée du film. 

Quand je regarde le film, j’ai l’impression de retrouver beaucoup d’ingrédients venant de Pixar. On voit cette double lecture, on voit ce film qui veut parler à tout le monde sans pour autant être dans le copiage d’une formule. Dans sa narration, on reste sur une production Miller-Lord, notamment dans ce plaisir d’accrocher tout de suite aux protagonistes du film. On a envie de suivre la fille aînée de la famille Mitchell, car tout le film se déroule à son échelle, c’est la narratrice, c’est elle qui pose le rythme de cette histoire. Le film montre aussi ce qu’elle ressent. Tout cela renforce notre proximité avec son personnage. Quand on la voit, on adhère tout de suite et on ne décroche jamais.

On parle beaucoup de la fille aînée qui est le personnage principal, mais c’est toute cette famille que je trouve géniale, que je trouve si marrante et si unique. C’est d’ailleurs au travers de cette famille qu’on voit tout le côté comique du film. Il y a ce plaisir à voir cette famille complètement dysfonctionnelle, de voir cette famille qui n’avance pas du tout dans le bon sens entre la fille aînée qui veut faire du cinéma et le père qui est un peu à boomer. On ne va pas se le cacher quand on voit comment il perçoit toutes ces technologies. Évidemment, ce serait un scandale de ne pas parler du chien de cette famille qui lui aussi est particulier. Il y a un plaisir à voir cette famille maladroite face à l’envahissement des robots, de voir le père qui pas la force des choses va devoir utiliser cette technologie et cela nous faire pisser de rire, tellement que les réalisateurs se moquent de lui, mais il y a quelque chose de vrai dedans. En plus de nous faire rire, la famille Mitchell nous offre des moments très émouvants, même si le conflit père-fille est un peu trop insistant au début, mais son final offre quelque chose de très beau et on comprend ou les auteurs veulent en venir. La famille Mitchell n’est pas la famille parfaite qu’on voit sur Instagram, mais c’est une famille qui même s’il y a des tensions, qui même si elle n’avance pas toujours dans le bon sens, arrive à être ensemble dans les moments importants, c’est une famille soudée, c’est une famille qui est connectée par des liens très forts. Le mot connecté n’est pas anodin dans ce film et je ne parle pas de connexion entre les appareils, mais une connexion entre les humains, c’est dans cette connexion que réside le message que transmet cette famille. 

Les Mitchell contre les machines

Dans les premières minutes du film, il y a quelque chose qui m’a dérangé, dont j’avais envie de vous en faire part avant de conclure cette critique. Si vous avez vu le film, vous savez sans doute qu’il commence assez crescendo avant de faire un retour en arrière et que le film commence véritablement. Face à ce choix, je suis dans l’incompréhension. On voit bien que c’est une scène pour motiver le spectateur à rester, c’est encore plus incompréhensif quand le titre explique à lui tout seul pourquoi on va le voir. Je suis tenté de dire que c’est ridicule, mais il y a une logique, certes pas acceptable, mais qui existe quand on y réfléchit.

Par ce choix de la part de Sony Animation ou de Netflix, nous voyons les conséquences des nouveaux moyens pour voir un film, avec les différentes plateformes comprenant un catalogue gigantesque. Ce n’est pas très rassurant dans le sens ou il faut toujours montrer une action, ou il faut dès la première seconde donner un intérêt, afin que le spectateur ne regarde pas autre chose. On voit là toute la problématique des plateformes qui ne voient pas ce qu’ils ont dans leurs catalogues comme des œuvres de cinéma, mais véritablement comme un truc à picorer de temps en temps comme un apéritif. Ce mode de consommation va tuer véritablement le cinéma qu’on connaît. Cette année, nous avons vu les films de plateforme ayant comme utilité de proposer quelque chose que les spectateurs connaissant afin qu’il reste sur l’écosystème de la plateforme. Toujours dans cette année 2021, on veut tout de suite que le spectateur soit emballé par le film.

Si ce n’est pas tirer le cinéma vers le bas, je ne vois pas ce que c’est. Fort heureusement, le cinéma reprend ses droits au moment où j’écris ce papier. Les films et débats vont retrouver un peu de vie. Si ce choix venait de la part de Netflix, ce n’est pas surprenant dans le sens que Netflix a la réflexion d’une plateforme voulant garder en haleine pour qu’ils soient toujours dans une optique de consommer quand ils sont chez-eux. Mais regarder des films, ce n’est pas consommer, n’en déplaise au PDG de Disney qui a une belle estime de son public.

Les Mitchell contre les machines

Les Mitchell contre les machines est un film réalisé et écrit par Michael Rianda et Jeff Rowe

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