Apollo 10 1/2 : Les fusées de mon enfance – Ce que notre imaginaire retiendra de l’histoire

Richard Linklater peut maintenant faire partie de la liste des réalisateurs dans laquelle on peut retrouver Alfonso Cuaron, Steven Soderbergh, Martin Scorsese, Noah Baumbach et d’autres noms dans lequel il est compliqué de fermer les yeux. Malheureusement, si ces noms ont permis à Netflix de faire une campagne promotionnelle plutôt forte, c’est moins le cas pour Linklater qui a le droit à une sortie anecdotique. Pourtant, s’il y a bien un film qui peut correspondre à un film ambitieux pour les plateformes, c’est bien : Apollo 10 ½ : Les Fusées de mon enfance.

Apollo 10 ½ retrace l’histoire du premier voyage sur la Lune sous deux points de vue. Le premier est celui des astronautes et du centre de contrôle de mission. Le second point de vue se centre sur les yeux d’un enfant vivant à Houston au Texas, qui a ses propres rêves intergalactiques. 

C’est plus qu’une histoire de découverte spatiale 

En regardant l’affiche du film, on voit un enfant en tenue d’astronaute. Tout de suite, notre imaginaire se met en marche. On se dit que Linklater nous prépare pour une odyssée spatiale, mais ce n’est pas le sujet principal du film. Le cinéaste américain, a l’audace de faire une longue parenthèse en racontant son histoire. C’est le récit d’un enfant qui vit dans les années 60.

Richard Linklater suit la tendance de beaucoup de réalisateur.rices de raconter soit leurs enfances, soit quelque chose qui rappelle la décennie dans laquelle iels ont évolué.es. Quand Paul Thomas Anderson fait Licorice Pizza, il raconte les années 70 et ce qu’évoquent pour lui cette décennie dans laquelle il est né. Cette année, on a eu Belfast de Kenneth Branagh qui raconte ce que le cinéaste britannique a vécu quand il vivait à Belfast. C’est dans ce même cas de figure qu’on regarde, Apollo 10 ½. Ce petit garçon qui est le héros du film, c’est en réalité Richard Linklater. Il nous offre son regard, son point de vue quand il avait 9 ans. Il opte ainsi, sur un film d’animation qui peut évoquer l’innocence que peut offrir un dessin animé qu’on regardait quand nous-même, étions innocents et que des œuvres nourrissaient notre naïveté.

Pour faire son film d’animation, le cinéaste américain opte pour la rotoscope qu’il avait déjà utilisé dans ses précédents films d’animation : Waking Life en 2001 et A Scanner Darkly en 2006. La rotoscopie consiste à tourner avec de vrais acteurs, puis à dessiner les contours des figures image par image. L’effet de cette méthode dans la manière dont l’utilise Richard Linklater me donne l’impression de voir un cahier de vie animée. Il y a une sorte de douceur à l’intérieur du long-métrage. Tout cela participe à tout simplement montrer l’innocence de cette période, mais qui comparait à un Once Upon a Time in Hollywood de Quentin Tarantino n’est pas un rêve. Tout le cinéma de Linklater consiste à nous faire rentrer dans la vie de ses personnages. Il y a tout un aspect souvenir quand Stanley raconte ce qui se faisait. C’est détaillé comme si on avait l’impression d’être dans cette famille, de découvrir les feuilletons télé en famille, faire les parcs d’attraction, manger un pique-nique. Pendant une bonne heure, le cinéaste américain me donnait l’impression d’être un enfant des années 60. Cette expérience est très agréable. 

Le temps créé nos souvenirs 

Au bout d’un moment comme le fait le film, on revient sur le sujet de l’affiche. On a chacun.e un rapport avec les différentes missions Apollo. Certain.es ont eu la chance de le voir à la télévision, même si cela signifiait de veiller tard la nuit. D’autres comme moi, on n’a pas eu l’occasion de vivre cet événement en direct. En tant que personne né.e à la fin des années 90, je connais l’importance de cet événement, j’ai vu également l’enjeu géopolitique de cette bataille des découvertes spatiales entre les USA et l’URSS en pleine guerre froide. Avec Internet, on a eu accès aux archives et donc on peut voir par exemple, Neil Armstrong qui marche sur la lune, mais cet événement, je le connais surtout par les souvenirs que mes parents ont gardé.es de cet événement. C’est tout le propos du film quant à la fin, le père de Stanley a un doute sur le fait que son fils avait les yeux éveillés au moment ou il y a eu cette grande avancée humaine, mais la mère de Stanley emploie une phrase très importante qui est ce n’est pas grave parce que l’importance sera le souvenir qu’il gardera de cet événement dans le temps.

Stanley s’est peut-être endormi, mais il a vécu cet événement à sa façon, en créant sa propre histoire. Il n’y a rien de plus génial d’avoir quelqu’un qui nous raconte ses souvenirs. Richard Linklater axe son film sur l’innocence d’un enfant qui voit l’espace comme un rêve. Quand le film rentre dans le sujet de cette mission de l’espace. Apollo 10 ½, est un récit doux sur un enfant qui rêve de l’espace, qui s’imagine embarquer dans une mission d’Apollo. On voit que dès l’enfance, on est dans un processus d’utiliser notre imagination afin de créer des histoires qui animent notre quotidien. C’est quelque chose qu’on a besoin afin de pouvoir se créer en tant que personne.

Toute cette histoire du souvenir, du temps qui passe, de ce qu’on retient, est quelque chose qui interroge Richard Linklater. Une nouvelle fois, le cinéaste américain nous partage sa réflexion avec des films qui sortent de l’ordinaire dans sa manière d’explorer ses thématiques. Ce que dit encore une fois la mère de Stanley sur le fait que le plus important sera ce qu’il a retenu de cet événement, c’est ce qu’on avait vu dans Before Sunset ou le personnage d’Ethan Hawke pense avoir couché avec le personnage de Julie Delpy, alors que cette dernière n’a pas ce souvenir, ou un doute sur ce qui s’est passé. Le temps aussi a une importance primordiale dans sa filmographie. C’est quelque chose qu’on associe avec le souvenir. Dans Boyhood qui est un tournage qui a durée une bonne dizaine d’année, notre expérience de spectateur.rices se joue justement sur le souvenir qu’on garde de l’évolution d’un personnage. Les projets à la Boyhood résonnent particulièrement pour le cinéaste. Son prochain film Merrily We Roll Along est un tournage prévu sur 20 ans, donc on peut tabler sur une sortie dans les années 2040. On sait déjà quel film on va attendre en 2040, en attendant de savoir comment on sera dans 20 ans.


  • Titre : Apollo 10 1/2 : Les fusées de mon enfance (Apollo 10 1/2: A Space Age Adventure en VO)
  • Réalisateur : Richard Linklater
  • Scénariste : Richard Linklater

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