Le Coin Ciné #1 : Doctor Strange in the Multiverse of Madness, Le monstre des mers, En Attendant Bojangles

Doctor Strange in the Multiverse of Madness – Il ne manquait que la folie du multivers

Attention cette chronique divulgache des éléments du film

Mettons les yeux dans le plat tout de suite. Ce retour de Sam Raimi qu’on n’avait pas revu depuis le décevant, le monde fantastique d’OZ en 2013. Pourtant, oui on peut dire que pour du Raimi qui nous avait tant émerveillé avec sa trilogie Spider-Man, c’est décevant. On voit avant tout le cahier des charges Marvel se mettre en place, avec un cinéaste contraint de suivre la continuité de ce qui était fait précédemment. Mais on est content de voir le film, parce que pour les petits moments ou on voit tout de suite la patte du cinéaste, c’est quelque chose qu’on n’avait pas forcément face à beaucoup de films du MCU. ça fait réellement du bien.

Ce qui m’a éveillé quand je regarde cette suite de Strange, c’est quand je me suis rappelé pourquoi enfant, j’avais adoré la trilogie Spider-Man. Quand il fait du super-héros Sam Raimi s’intéresse réellement à ce qu’incarnent les héros. La dimension humaine du personnage est assez présente dans ce long-métrage. C’est intéressant qu’une fois cette première séquence d’action qui démontre le multivers, on voit le personnage de Benedict Cumberbatch dans un environnement ordinaire. Ce qui intéresse le réalisateur, c’est de nous rappeler que Stephen Strange est l’un des grands artisans de la bataille contre Thanos. C’est un grand sorcier détenant des pouvoirs formidables. Il est véritablement un gardien. Mais toutes ces bonnes choses ont un prix. Le sacrifice du personnage est en rapport avec le fait de ne pas être avec pour Christine Palmer (Rachel McAdams) la fille qu’il aime et doit accepter qu’elle a trouvé quelqu’un d’autre. Le film rappelle assez bien qu’a tout moment le devoir l’appelle, ce qui permet d’avoir une séquence montrant toute la puissance du personnage. C’est une séquence qui prend facilement son envol, qui peut aller dans tous les sens. On est rassuré de voir que Raimi est dans son élément et qu’on aura une bonne proposition qui sera dans la continuité de cette micro-révolution qu’on est entrain d’assister au sein du MCU. 

La ou Sam Rami arrive aussi à installer sa patte au sein du MCU, c’est dans ces séquences d’horreur. Dire que c’est le premier film d’horreur du MCU, ce serait faire le boulot des gens du marketing chez Disney-Marvel. Je dirais plutôt qu’il y a une ambiance horrifique qui a toute sa place dans le long-métrage. Sans en faire quelque chose de flippant qui n’a jamais était la volonté de Kevin Feige, les éléments horrifiques ajoute réellement un plus. On retrouve quelque chose qu’affectionne réellement le cinéaste qui est de pouvoir mélanger les genres. Dans cette histoire de Multiverse, Raimi peut mettre en place plein de choses. Parfois, on a quelque chose de spirituel, on a des créatures absolument affreuses, mais l’horreur se retrouve avant tout dans sa mise en scène avec des éléments de décors inquiétant, notamment ce château présent dans le climax du film. Ce qui est marquant, c’est quand Wanda poursuit Strange et Cie dans cette course-poursuite. Quand on voit son visage, ses yeux rouges, on voit une véritable menace. Menace qui se confirme quand on voit toute la violence quand il y a des victimes. Aucun membre du corps n’est épargné, c’est parfois douloureux. Dans un univers aussi lice que celui de Marvel, c’est quelque chose auquel je n’aurais pas forcément parié.

Wanda fait aussi partie des bonnes satisfactions du film. Je suis plutôt surpris que Marvel ait accepté que le personnage d’Elizabeth Olsen soit l’antagoniste de ce film, mais c’est dans la continuité. Sam Raimi ne fait qu’explorer ce qu’avait pu faire Jac Schaeffer avec Wandavision. Le piège serait de faire une sorte de gros rappel afin de meubler en attendant que l’intrigue avance, mais ce n’est pas le cas, permettant au film de ne pas se reposer sur une longue explication qu’on connaissait déjà et de toujours avoir un très bon rythme. Ce qui est intéressant avec le personnage, c’est qu’on va plus loin dans son deuil. La, il ne s’agit pas seulement de Vision, mais aussi de ses enfants qu’elle avait créer dans la série. On arrive à comprendre son désespoir et il y a tout un sens à ce qu’on voit la voit dans l’intrigue du multivers qui lui permet de voir que ses enfants sont en vie dans une autre réalité est un signe d’espoir pour elle, sauf qu’elle se noie dans la perversité que provoque le multivers. Elle n’est plus Wanda Maximoff, elle est Scarlett Witch, elle est un monstre qui s’est laissé aspirer par des éléments négatifs qui l’a fait perdre ce qu’elle est.

Malheureusement, le gros défaut du film de Sam Raimi, c’est sur la promesse du titre. Quand on lit Madness, on attend à quelque chose de fou, à quelque chose de mémorable, un effet tout simplement Wow. En dehors de la séquence ou Strange parcours différents univers en 10 secondes ou on voit des changements de style, parfois même de l’animation pouvant amerner plein d’idées de mise en scène. Cet apperçu, on ne le verra plus jamais. On sent une certaine appréhension à Marvel à assumer réellement son multivers. C’est bien trop gentil, c’est bien peu prononcé. Pourtant le multivers, c’est des prises de risques, c’est ce que faisait par exemple Loki qui suivait une direction satisfaisante. On retrouve tout l’aspect frustrant du MCU, le Marvel Cinematic Universe que je n’aime pas du tout. Je dirais même que ça va à contre-courant de ce qu’essaye d’installer Raimi. Au final l’absence de justement la folie du multivers pose des questions. Que veulent-ils nous raconter avec ce multivers ? C’est plein d’interrogation et au final très peu de réponses. C’est bien qu’ils prennent leurs temps et on aura sans doute quelque chose d’encore plus différent avec le prochain Thor, mais il manque cette ligne directrice qui empêche d’être pleinement investi comme l’étaient les fans avec la saga infinity. En attendant, dans cette phase 4il y a des cinéastes intéressants, il y a des styles qui arrive à coexister malgré le cahier des charges de Kevin Feige. Je trouve même que chaque film arrive à se terminer pouvant être vu en solo sans avoir une quelconque frustration que cette oeuvre ne raconte rien. Bien évidemment, si on n’avait plus ce cahier des charges, avec des cinéastes comme Sam Raimi ou Chloe Zhao, cela offrirait quelque chose d’assez fou. Il faut espérer que ce cap soit suivi, parce que c’est ce qu’on attend pour un univers de ce genre.

Doctor Strange In The Multiverse of Madness est un film de Sam Raimi, écrit par Michael Waldron. Avec Benedict Cumberbatch, Elizabeth Olsen, Chiwetel Ejiofor, Benedict Wong, Xiochti Gomez, Michael Stuhlbarg et Rachel McAdams


Le Monstre des mers (The Sea Beast) – Ce n’est pas parce qu’il est effrayant de premier abord, qu’il va être obligatoirement méchant

La seule question que je me pose après avoir vu le film, c’est pourquoi Netflix ne l’a pas mis en avant, parce qu’il l’aurait vraiment mérité. Après, je me dis que finalement ce qui est très mis en avant par la plateforme est souvent une déception voir quelque chose d’indigeste. Ce qui est invisibilisé par la plateforme peut parfois donner des merveilles. Apollo 10 1/2 de Richard Linklater fait partie des petites merveilles de l’année. C’est pareil pour le Monstre des mers qui comparait au film précédant a eu un très bon bouche à oreille, puisqu’il est en première position du top Netflix. Comme quoi rien de mieux que cette bonne vielle méthode pour recommander des films qui méritent réellement qu’on en parle.

Mise à part cette incompréhension d’absence de com de la part de Netflix qui pourtant a financé le film, il n’y a rien à redire sur le film de Chris Williams. On est content•e de renouer avec ce qui faisait le bonheur de ce genre de film. C’est une aventure, qui se tient sur toute sa durée. Il y a des moments épiques, des personnages qu’on apprend à aimer, notamment ce personnage féminin qui a un rôle très important dans le bateau, mais qui a surtout un vrai charisme, une vraie présence qui peut plaire à beaucoup de petites filles à la recherche d’un modèle. Mais c’est surtout des moments touchant que les plus jeunes risque d’être touché•es. Alors, oui, ce n’est pas grand-chose, mais si ce film arrive à trouver son public, c’est qu’il y avait un manque.

D’autant plus qu’on est sur une animation extrêmement aboutie. Quand Netflix avait fait Klaus, il y avait le savoir-faire Disney dans cette envie de revenir sur quelque chose de plus traditionnel, plus rétro qui apportait un réel charme sur le fait de parler des bases de la fête de Noël. Chris Williams est aussi passé par Disney est à même réaliser des films pour la grande souris du cinéma. Cette fois-ci, on est sur la période ou le géant de l’animation commençait à maîtriser la 3D. Il a réalisé Bolt, Big Hero 6 et c’est aussi l’un des réalisateurs de Vaiana. Tous ces films ont un désir de proposer une belle aventure. C’est l’essence de ce film. Je dirais même que cette histoire est magnifique. Tout cela se joue sur notamment le design du monstre principal. Ce n’est pas complexe, ce n’est pas quelque chose d’hyper détaillé, mais il y a une échelle des tailles, ce qui fait qu’il est imposant et qu’on peut craindre le pire.  Mais c’est surtout quelqu’un d’attachant qui parle par son visage, par ses yeux. C’est plutôt beau quand le cinéma se communique de manière visuel.

Il y a donc tous les ingrédients qui nous donnent un excellent film d’animation pour toute la famille. Les adultes et les plus grands retrouveront les aventures dans lesquelles iels ont baigné•es plus jeune, avec en plus des personnages tout intéressant•es. Les plus jeunes seront émerveillés par toute la magie du cinéma de Williams et demanderont sans doute à voir d’autres films de ce genre. Netflix, qui annonçait réduire ses coûts dans l’animation, ferait mieux de revoir leur stratégie, parce qu’une nouvelle fois, c’est peut-être le secteur dans lequel ils peuvent retrouver un sursaut, surtout avec ce genre de proposition s’adaptant idéalement au catalogue.

Le Monstre des mers est un film de Chris Williams, écrit par Chris Williams et Neil Benjamin. Doublé par Karl Urban, Zaris-Angel Hator, Jared Harris et Marianne Jean-Baptiste


En Attendant Bojangles – Le paradis qu’on crée, peut très bien devenir notre enfer

En Attendant Bojangles, est un film qui montre toute une électricité autour de Virginie Effira et de Romain Duris. Effira prouve une nouvelle fois quel est la grande dame du cinéma français capable de transformer tous ses rôles en pépite d’or. Quant à Duris, cela faisait bien longtemps qu’on ne l’avait pas vu à ce niveau, mais on le savait déjà que quand il était bien dirigé, il pouvait nous offrir ce genre de merveilles.

Ce que j’ai aimé dans le film, c’est tout ce qui concerne la danse. Ces séquences sont tout simplement incroyables, parfois même irréel. Quand on voit ces moments de communion, ces moments ou les différentes classes et cultures se mélange, on a parfois cette sensation d’assister à un rêve. Mieux que d’être dans la peau d’un•e spectateur•rices qui regarde un spectacle, on participe réellement à ce qui se passe à l’écran. On y est même très bien. On a envie que ce soit notre réalité, on veut que ce bonheur et cette joie soit toujours aussi présente. Malheureusement s’enfoncer dans ce fantasme, ne garantit pas d’être heureux•se.

Tout le propos du film est dans ce qu’on est prêt à faire par amour. Pour appuyer ce message, Régis Roinsard va utiliser des couleurs. Très vives au début du film pour nous dire que ce couple voit la vie en rose, ne voit que du bonheur, ne voit jamais les contraintes de la vie. On en revient à la séquence de fête dans leur appartement, qui par le mélange des couleurs exprime cette envie d’être loin de cette réalité, mais malheureusement ce qu’évoque réellement la vie, les rattrape, avec ce bleu très terne évoquant l’enfermement, mais pas celui qu’on pense. Ce n’est pas l’hôpital qui parle, mais plus la folie du personnage d’Efira. Enfin ce qui est le plus parlant, c’est son dernier acte. Ce château en Espagne, c’est le fantasme ultime du couple, la dernière étape vers le bonheur. Si tout parait bien beau comme dans le début du film, tout cela n’est qu’une allusion. On savait depuis un petit moment ce qui atteignait Camille (Virginie Effira), mais en essayant de justement combattre la folie de sa femme, Georges (Romain Duris), va lui aussi s’enfermer dans cette folie et ce cocon qu’il avait créé pour sa famille, accentuent ce qui atteint sa famille. L’amour a beau être puissant, il y a des situations dans lesquelles on n’est que spectateur•rices.

C’est dommage que Regis Roinsard fasse un film beaucoup trop long. Cette histoire est trop étirée. Les transitions entre les différentes parties ne sont pas souvent très réussi, ce qui fait qu’on peut perdre le fil de cette histoire. La déception est encore plus grande parce que ce long-métrage à les bons ingrédients. Il y a cette romance dans laquelle on est à fond. Ensuite la folie du fantasme de la vie, qui est très bien interprété par les moments de danse, pour finir sur la dramaturgie autour du personnage d’Effira. Cette proposition est au rendez-vous, malgré ces égarements, qui gâche qu’on soit totalement en adéquation avec ce que nous propose le cinéaste. 

En Attendant Bojangles, est un film de Régis Roinsard, écrit par Roman Compingt (adapté du livre En Attendant Bojangles, de Olivier Bourdeaut). Avec Romain Duris, Virginie Efira et Grégory Gadebois.

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