Blonde : S’il vous plaît, respectez Marylin Monroe

Adapté du best-seller de Joyce Carol Oates, BLONDE est une relecture audacieuse de la trajectoire de Marilyn Monroe, l’une des icônes hollywoodiennes les plus atemporelles. De son enfance tumultueuse à son ascension fulgurante et à ses histoires d’amour complexes – de Norma Jeane à Marilyn –, BLONDE brouille la frontière entre réalité et fiction pour explorer l’écart de plus en plus important entre sa personnalité publique et la personne qu’elle était dans l’intimité.

Il y a un bien un film qui aura cristallisé tous les débats, c’est bien le dernier film d’Andrew Dominik. Un réalisateur qu’on n’avait pas revu depuis 2012 avec Cogan : Killing Them Softly en 2012. Avec ce cinéaste, on est habitué à avoir de sacrés écart entre ses différents longs-métrages. Il est vrai qu’il faut les digérer. Ceux et celles qui ont vu l’Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford savent de quoi je parle.

Mes deux tweets sur Blonde, résume assez bien ce que je pense du film. Je continue de dire qu’il est trop tôt pour que je parle du film. Mais, de nombreuses questions gravitent autour de moi. J’ai des interrogations dans lesquelles je n’ai pas tellement de réponses. C’est en discutant avec une amie, que je commence à dégager des axes dans lequel j’aimerais développer, sans pour autant apporter des réponses. On ne peut pas le dire tout de suite, mais je ne serais pas surpris si on continuait à parler de cette oeuvre. On peut dire tellement de choses, comme le faux biopic, l’expérience visuelle, la performance d’Ana de Armas, la personne qu’il faut réellement critiquer à la suite du visionnage, le fait que le seul moyen de voir ce film soit sur Netflix, avec la contrainte d’un film de 2 h 45. Bref, c’est plein d’axes qui vont animer ma chronique.

Il n’y aura pas tellement d’axes positif et négatif, mais il me semble important de commencer par une évidence. Blonde est une expérience visuelle qu’on voit très rarement. Il n’est pas question de raconter l’histoire d’un point A par un point B, mais plutôt de nous emmener vers un voyage qui ne sera pas des plus agréables. C’est un long-métrage dans lequel il faut s’accrocher. Pas à cause de sa durée, mais plutôt ce défilement d’images. Andrew Dominik nous bombarde de moments ou on voit Marilyn Monroe. On pourrait même croire que ces images sont authentiques. On oublierait presque qu’Ana de Armas incarne l’actrice américaine.

Dans ce déferlement d’images, il y a ce slalom entre des images en couleurs et des images en noir blanc. C’est un véritable puzzle qu’on cherche à résoudre afin de nous comprendre ce qu’on raconte réellement. Andrew Dominik ne montre jamais ses réelles intentions sur les images choisies. Au début, on pouvait penser que le noir et blanc offraient quelque chose d’inquiétant, un cauchemar dans lequel Monroe est pris au piège. La couleur pouvait raconter qui était derrière Marylin Monroe : Norma Jeane. Mais tout se mélange.

Si l’aspect visuel fait tout le sel de cette production, il y a néanmoins beaucoup de choses que pas mal de retours sur le film ont évoqués. Ce que me montre cette œuvre, me pose question, parfois me dérange. Si je n’arrive pas à avoir un avis arrêté quand le film évoque les scènes ou l’actrice américaine est enceinte. Peut-être que c’est une maladresse de la part de son réalisateur, mais quand on voit ces images, on peut se dire que les gents anti-avortements, peuvent les utiliser pour des campagnes bien gerbantes.

Quand je pense à Marylin Monroe, je vois déjà une grande actrice qui a pu tourner avec de grands cinéastes comme Howard Hawks, Billy Wilder, ou encore John Huston. C’est une femme qui entreprenait des choses comme quand elle avait ouvert sa boite de prod : Marilyn Monroe Productions, en 1954 patant d’une envie que les femmes puissent avoir des rôles plus intéressant. On peut le dire, Monroe était une grande femme.

Ce que montre Blonde, c’est un portrait extrêmement négatif de la comédienne. Alors c’est bien beau de la part du cinéaste de critiquer tout ce que l’industrie fait de mal en les ionisant hollywood comme des monstres, mais le problème, c’est que cette oeuvre s’amuse à raconter n’importe quoi sur la comédienne. Il n’est jamais question de raconter son histoire. Tout est bon pour en faire une grosse victime. C’est dingue, tous les malheurs qu’on voit dans ce film. On sait que sa vie n’était pas tout rose, mais c’était quand même quelqu’un qui se battait, qui avait des moments de gloire et qui refusait d’être ce veut nous faire croire l’autrice du livre Blonde, Joyce Carol Oates. On se demande ce qu’elle a fait à l’autrice qui utilise ce livre comme une forme de défouloir bien dérangeant pour nous spectateurice.

On en vient du coup à cette question des fameux faux biopics. C’est une Question compliquée. On a pas tellement d’oeuvres qui emprunte ce chemin afin qu’on puisse réellement analyser ce que ça implique. Blonde, montre assez de chose pour qu’on dise stop. Sous prétexte d’être dans un délire lynchien on ne peut pas raconter n’importe quoi sur une personne qui a réellement exister. Des biopics qui romancent des éléments afin d’appuyer des éléments importants, ça existe, mais il y a un respect de l’histoire. Je ne sais pas ce qui a motivé Andrew Dominik d’adapter une œuvre aussi gerbante. Ana de Armas est excellente, on ne peut pas l’enlever. On aurait aimé que cette très grande performance serve un propos rendant hommage à Marylin Monroe. C’est en tout cas ce que méritent Norma Jeane et Marylin Monroe. Je ne veux pas que l’image qu’on ait de cette femme soit faite avec ce film qui arrive à exister seulement parce qu’il est violent et qu’il ridiculise une personnalité. Espérons que d’autres œuvres ne suivront pas ce chemin.

Blonde est un film réalisé et écrit par Andrew Dominik (adapté du livre Blonde, écrit par Joyce Carol Oates). Avec Ana de Armas, Adrien Brody, Bobby Cannavale, Xavier Samuel et Julianne Nicholson

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