La Colline aux coquelicots : Pas touche à mon patrimoine

Umi est une jeune lycéenne qui vit dans une vieille bâtisse perchée au sommet d’une colline surplombant le port de Yokohama. Chaque matin, depuis que son père a disparu en mer, elle hisse face à la baie deux pavillons, comme un message lancé à l’horizon. Au lycée, quelqu’un a même écrit un article sur cet émouvant signal dans le journal du campus. C’est peut-être l’intrépide Shun, le séduisant jeune homme qu’Umi n’a pas manqué de remarquer. Attirés l’un par l’autre, les deux jeunes gens vont partager de plus en plus d’activités, de la sauvegarde du vieux foyer jusqu’à la rédaction du journal. Pourtant, leur relation va prendre un tour inattendu avec la découverte d’un secret qui entoure leur naissance et semble les lier…

Il y a quelque chose que j’aime beaucoup avec ghibli. Quoi qu’il arrive, je retrouve toujours une forme de tranche de vie à l’intérieur des films. Il y a des œuvres ou c’est plus présent que d’autres et cela fait toute la saveur du studio. Mais, quand l’objet décide d’adopter pleinement ce genre, cela donne des moments restant gravés dans ma tête. Hayao Miyazaki a fait Mon voisin Totoro et Kiki la petite sorcière. Deux œuvres ayant une énorme importance au sein de ma cinéphilie. Quand son fils Goro Miyazaki décide de faire La colline aux coquelicots, je ne peux voir qu’une tentative de suivre les traces de son père.

On retrouve un aspect carte postale dans l’animation du film de Goro Miyazaki. Cela se ressent dans son rythme. Tout semble si lent. Je ne le dis pas comme un défaut, mais plus comme une qualité. Dans un sens, ou je me laisse imprégner de l’ambiance générale que veut transmettre le cinéaste. La musique de Satoshi Takebe dont on pourrait dire qu’elle n’est pas aussi prolifique que son homologue, Joe Hisaishi, dans lequel on peut l’associer aux grands films du studio d’Isao Takahata et d’Hayao Miyazaki. Ce n’est pas pour autant, qu’on pourrait dire que c’est mauvais. C’est à l’image de cette œuvre, quelque chose de doux, jamais dérangeant. Assez pour cette petite parenthèse, dans ce Japon post seconde guerre mondiale en plein changement.

C’est justement qu’on est dans ce Japon que le film est si intéressant. Comme je l’ai évoqué, le pays du soleil levant que montre Miyazaki est en pleine mutation. On pourrait même voir une fraction entre deux générations. Une qui veut absolument rester dans le passé, l’autre qui veut faire table rase du passé en reconstruisant tout. C’est tout l’enjeu de cette œuvre.

Dans la colline aux coquelicots, le directeur, qui est aussi un homme d’affaires, veut détruire le bâtiment du Quartier latin dans lequel les différents clubs étudiants siègent. Il le fait en prévision des Jeux olympiques que Tokyo organisera en 64. Derrière cette volonté de détruire, il y a cette idée de vouloir effacer l’histoire. Quand on voit ces étudiants se battre pour ce bâtiment, pour le rénover et qu’il soit toujours présent est quelque chose me touchant particulièrement. Étant moi-même étudiant, je sais que notre arme, c’est en faisant ce genre d’action. L’histoire de notre pays, c’est notre patrimoine. Qu’on le veuille ou non, nous sommes Français, notre histoire qu’elle soit belle ou non, fait partie de nous. C’est notre racine. C’est pareil pour Umi et Shun. Ils sont en quelques sortes, cette racine qui permet à l’arbre de rester debout.

Le long-métrage de Miyazaki comporte un message très beau. On a souvent tendance à vouloir confronter passée et présent. Ce que fait le cinéaste, c’est trouver une coexistence entre les deux. Vouloir vivre dans les temps moderne, c’est important, parce que le monde évolue. Mais nous n’évoluerons jamais si on ne sait pas d’où on vient. Alors oui, il y a cette histoire entre les deux personnages qui permettent de bien tenir en haleine, mais pour moi le cœur du film, c’est ce combat pour la sauvegarde d’un bâtiment historique pour ces jeunes étudiants. Voir ce qui se passe à l’intérieur de ce film me touche particulièrement.

La colline aux coquelicots n’est pas souvent citée dans les grandes œuvres ghiblenne, mais Goro Miyazaki nous offre une parenthèse japonaise, pour nous occidentaux, particulièrement belle, dans laquelle on aimerait qu’elle continue.

La Colline aux coquelicots est un film de Goro Miyazaki, écrit par Hayao Miyazaki et Keiko Niwa (adapté du manga du même nom, écrit par Tetsurō Sayama

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